Aux femmes blanches qui veulent être mon amie : guide féministe Noir de solidarité interraciale

For the White Woman Who Wants to Know How to be My Friend: A Black Feminist Guide to Interracial Solidarity is now available in French! Many thanks to the amazing women of Révolution Sorore.


Bref avant-propos : il s’agit de la conclusion de ma série d’essais sur la race et le mouvement féministe. Les parties 1, 2, et 3 sont toutes accessibles ici. La connaissance présentée ici a été acquise à mes dépens. Utilisez-la comme vous le souhaitez. Je dédie cet essai à toutes les femmes – Noires, racisées, et blanches – qui m’ont soutenue sur le chemin de la sororité.

Dès que je parle de racisme dans le mouvement féministe, cette question revient constamment : les femmes blanches demandent « que puis-je faire de concret contre le racisme ? Comment puis-je être solidaire des femmes racisées ? ». Il s’agit là d’une question compliquée, à laquelle je réfléchis depuis maintenant un an, et il n’y a pas de réponse simple. Il y a plutôt plusieurs réponses, aucune n’étant fixe et toutes étant sujettes à des adaptations contextuelles. La réalité de la situation est qu’il n’y a pas de réponse simple et établie aux siècles de racisme – racisme sur lequel notre société est fondée, et sur lequel ses hiérarchies de richesse et de pouvoir sont établies – qui façonnent les rapports entre les femmes racisées et les femmes blanches. Cette asymétrie de pouvoir et de privilège affecte les interactions personnelles. Elle crée les strates de défiance justifiées que les femmes racisées ressentent envers les femmes blanches, même (et peut-être tout particulièrement) en milieu féministe.

La modification des rapports dans lesquels la race n’existe que comme hiérarchie et construire des formes de solidarité pérennes entre femmes va nécessiter une introspection et un effort constants, ainsi qu’une volonté de la part des femmes blanches de changer leur approche. Voici ma perspective sur les étapes concrètes que les femmes blanches peuvent passer afin de remettre en cause leur propre racisme, qu’il soit conscient ou inconscient, dans l’espoir de leur donner la possibilité d’être véritablement sorores avec les femmes racisées.

« La première chose que tu dois faire est d’oublier que je suis Noire. La seconde est que tu ne dois jamais oublier que je suis Noire » Pat Parker, For the White Person Who Wants to Know How to be My Friend

Reconnaissez les différences causées par la race. Ne définissez pas les femmes racisées par nos ethnicités respectives. De même, ne prétendez pas que nos vies sont les mêmes que les vôtres. Ne pas voir les races revient à ne pas voir le racisme. Ne pas voir le racisme revient à le laisser prospérer sans remise en question. Commencez par reconnaître notre humanité, en voyant les femmes racisées comme des personnes pleinement accomplies, dotées de perspicacité, de capacité à penser de façon critique, ainsi que – et c’est souvent le point le plus négligée dans cette conversation – de sentiments. Commencez par examiner la façon dont vous pensez les femmes racisées, et construisez à partir de ça.

Monopolisation du féminisme et autorité

Les femmes blanches qui monopolisent le discours féministe et qui se présentent comme les seules autorités qualifiées à déterminer ce qui est et ce qui n’est pas le Vrai Féminisme perpétuent de nombreux problèmes. Ce n’est pas un hasard si les contributions des femmes racisées, en particulier leurs commentaires s’adressant au racisme ou au privilège blanc, sont fréquemment reléguées au rang de distraction par rapport aux enjeux principaux du féminisme, c’est-à-dire les enjeux qui ont des conséquences négatives directes sur les femmes blanches.

Le présupposé tacite selon lequel la perspective d’une femme blanche est plus légitime et plus informée que la nôtre, que si les femmes racisées se renseignaient simplement davantage sur un enjeu particulier alors notre regard deviendrait lui aussi nuancé, est persistant. Ce présupposé est soutenu par la croyance selon laquelle les femmes blanches sont l’avant-garde du mouvement féministes, et que les femmes racisées sont au second plan. La situation est la même s’agissant de la politique de classe, avec les femmes des classes populaires étant catégorisées comme non informées quand leurs perspectives féministes diffèrent de celles des femmes de classe moyenne. Le renforcement de ces hiérarchies est le plus grand obstacle à la solidarité entre les femmes.

Les femmes blanches ont l’habitude de trancher entre ce qui est féministe et ce qui ne l’est pas d’une façon telle qu’elles centrent le vécu des femmes blanches et le positionnent comme la référence normative du vécu des femmes. Si le vécu des femmes blanches est la référence, le vécu des femmes Noires et racisées devient, par définition, la forme déviante – et ce paradigme contribue à altériser les femmes racisées.

Le féminisme est un mouvement politique dédié à la libération des femmes de l’oppression. Cette dernière est en partie genrée, mais aussi en partie basée sur la race, et la classe. Elle est aussi en partie reliée à la sexualité ou encore au handicap. Et au sein de ces catégories, il y a toujours possibilité de recoupement. L’incapacité à reconnaître l’intersection de ces identités maintient l’oppression des femmes les plus marginalisées, ce qui n’est en aucun cas un objectif féministe. Dire aux femmes racisées qui dénoncent le racisme « les filles, ce n’est pas votre moment » rentre directement en contradiction avec les principes féministes. S’attendre à ce que les femmes racisées gardent le silence pour le bien général, c’est-à-dire au bénéfice des femmes blanches, n’est, par nature, pas un acte féministe. L’idée qu’il y a un lieu et une heure pour reconnaître une forme d’oppression vécue par les femmes mine les principes sur lesquels le mouvement féministe est construit. Les femmes blanches doivent écouter ce que les femmes racisées ont à dire sur le racisme au lieu de détourner les critiques.

Les femmes blanches ont une fâcheuse tendance à s’imposer comme les sauveuses éclairées tout en présentant les hommes racisés comme des oppresseurs barbares et les femmes racisées comme des victimes passives d’une oppression qui ne vient que des hommes de leur groupe ethnique. Cette logique reconnaît que les femmes racisées subissent des violences genrées tout en effaçant l’oppression basée sur la race que nous subissons. De plus, cela nie la réalité de l’appartenance des femmes blanches à une classe oppresseuse – façon habile et déloyale de retirer aux femmes blanches toute responsabilité dans le maintien du racisme systémique. Si le problème du racisme n’existe pas, il n’y a pas besoin d’en parler. Si on ne parle pas du racisme, les femmes blanches peuvent continuer à en bénéficier sans remise en question.

Afin que la solidarité interraciale existe au sein du mouvement féministe, la question de la propriété doit être soulevée. Encore et encore, les femmes blanches se comportement comme si le mouvement féministe était leur propriété exclusive, auquel les femmes racisées peuvent à la rigueur participer sans jamais contribuer à la définition du discours et des actions. Non seulement cette approche efface le rôle historique essentiel des femmes racisées dans le mouvement féministe, mais elle nie la possibilité que les futurs efforts de collaboration se produisent sur un pied d’égalité.

Les femmes blanches qui veulent établir un rapport de confiance et de solidarité avec les femmes racisées doivent d’abord réfléchir à la façon dont elles pensent les femmes racisées, à la façon dont elles nous conceptualisent – est-ce que vous nous considérez comme des sœurs ou comme quelqu’un à qui vous apportez un soutien de façade sans jamais vraiment nous écouter ? Sommes-nous une partie centrale de la lutte féministe ou une simple case à cocher ? Une honnête auto-critique est essentielle. Analyse la façon dont vous nous pensez, étudiez avec critique les raisons, et travaillez à partie de là.

Organisation du militantisme féministe

Etes-vous en train de monter un groupe pour les femmes ? De créer un événement ou un espace féministe ? D’établir un réseau féministe ? Chaque rassemblement de femmes crée de nouvelles possibilités pour le mouvement féministe, et il se trouve que l’une de ces possibilités est l’amélioration des rapports de race en milieu féministe. En termes d’organisation collective, les femmes blanches doivent se poser la question suivante : y a-t-il des femmes racisées dans ce groupe ? S’il n’y en a pas, c’est pour une bonne raison. C’est bien beau de dire que des femmes auparavant amies s’organisent ou que quelques militantes partagent un but précis, mais la façon dont ce groupe s’est formé n’a pas eu lieu dans un vide social. Il s’est formé dans une société où les femmes de couleur sont racisées et altérisée à tel point que notre vécu de femmes est perçu comme fondamentalement moindre. Par conséquent, notre compréhension de la situation politique des femmes, et donc du féminisme, est perçue comme inférieure.

Par exemple, plus je m’investis dans la cause Noire, plus ma légitimité féministe est contestée par des femmes blanches qui persistent à croire deux idées erronées : la première, qu’il est impossible de s’occuper de plusieurs causes en même temps, et la seconde, que la politique de libération peut être clairement divisée puisque le chevauchement des identités n’a jamais besoin d’être pris en compte. L’idée selon laquelle mon soutien à la libération des Noir-e-s ne peut être qu’au détriment de mon soutien à la libération des femmes, qu’il dilue ma politique féministe, ne saisit pas la façon dont l’essence de ces deux engagements politiques a été établie et le fait qu’ils sont intrinsèquement connectés dans la vie des femmes Noires.

S’il n’y a aucune femme racisée engagée dans votre groupe féministe, réfléchissez au pourquoi et ensuite à la façon d’y remédier. Peut-être que votre organisation, votre contenu, ou votre praxis féministe est aliénante ? L’auto-critique est loin d’être un processus confortable, mais elle est nécessaire pour que la solidarité soit possible. Un élément fondamental de cet enjeu est la façon dont les femmes blanches se comportent avec les femmes racisées.

Considérer les femmes racisées comme un simple gage de diversité, et non comme des membres à part entière de l’équipe, trahit une forme de racisme dans la façon dont nous sommes conceptualisées. Nos compétences, savoirs, et engagements pour les femmes ne sont pas vus comme étant aussi évidents que la contribution des femmes blanches au groupe en milieu féministe. Le supposé selon lequel notre présence ne sera jamais qu’une façon de remplir des quotas ignore notre humanité. Oubliez cette façon de penser. Regardez notre valeur en tant qu’individues, comme vous en avez l’habitude avec les femmes blanches, et vous finirez par notre humanité aussi. Déconstruisez votre racisme avec la même vigueur que vous déconstruisez votre misogynie intériorisée.

Il est important que des femmes racisées soient impliquées au niveau organisationnel, en tant que membres de l’équipe qui conçoit les événements et les campagnes. Laissez tomber le paternalisme qui vous persuade que vous, en tant que femmes blanches, vous êtes en position de parler pour toutes les femmes.

Comportements

Point le plus évident : ne soyez pas racistes, ni dans vos mots, ni dans vos actes. D’une façon ou d’une autre, cela se verra. Si vous dites quelque chose à propos des femmes racisées en privé que vous ne diriez pas en public, réfléchissez à la raison pour laquelle vous différenciez ces deux environnements – la réponse est souvent liée au fait que les femmes blanches ne veulent pas être vues comme racistes. Paradoxalement, être vue comme raciste est devenu un plus grand tabou que le racisme même.

Et si votre racisme est confronté, ne voyez pas cela comme une attaque personnelle. Ne soyez pas les femmes blanches qui ramènent tout à leurs propres souffrances, dont les larmes les exemptent de toute responsabilité pour leurs actions. Réfléchissez plutôt à l’étendue des souffrances subies par les femmes racisées en raison de ce racisme – je garantis que c’est si douloureux que votre propre inconfort n’est rien en comparaison. Ayez la même empathie pour les femmes racisées qui subissent le racisme que pour les femmes blanches qui subissent la misogynie.

« A la fin, nous nous souviendrons non pas des mots de nos ennemis, mais des silences de nos amis » Dr. Martin Luther King Jr.

Ne restez pas silencieuses quand vos ami-e-s sont racistes. Ne regardez pas ailleurs. Ne prétendez pas que rien ne soit arrivé. Votre silence vous rend complice de ce racisme. Votre silence normalise ce racisme, et fait partie de ce qui le rend plus légitime en général. Il n’est pas facile de défier quelqu’un dont on est proche, ou quelqu’un avec plus de pouvoir et d’influence. Mais la justice n’est pas toujours la chose la plus facile à mettre en pratique.

Enfin, ne vous reposez pas sur vos lauriers. Dans un récent entretien pour Feminist Current, Sheila Jeffreys regrette l’essor des politiques identitaires, qu’elle associe à la praxis intersectionnelle, affirmant que parce qu’on n’attend jamais des hommes qu’ils fassent tout, on ne devrait pas l’attendre des femmes. Cette attitude n’est pas rare parmi les femmes féministes blanches. Toutefois, l’attitude de Jeffreys soulève la question suivante : depuis quand le féminisme radical lesbien prend-t-il exemple sur le comportement des hommes ? Le féminisme n’est pas un nivellement par le bas, c’est un mouvement politique radical. Et cela implique une intense pensée critique, une remise en cause constante de l’oppression qui ne soit pas sélective mais totale.

Ce sera inconfortable. Ce ne sera pas une tâche aisée. Mais cela crée des pistes entières et nouvelles de soutien et de sororité entre les femmes. Solidarité qui soutiendra et nourrira toutes les femmes dans notre chemin vers la libération.

 

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Dispatches from the Margins: On Feminist Movement Building

A brief foreword: this post is, as ever, written in the hope that it will enable women to come to a greater place of understanding. After a period of contemplation, I have decided to address the issue of racism at FiLiA 2017 because if it requires women of colour to keep quiet about racism, it’s not sisterhood and never can be. There is potential for better. It is the first in a series of personal reflective essays about feminist movement building.


 

I am tired. So very tired. There are days when I want to withdraw from the feminist movement. There are days when I want to withdraw from life. So far, I have done neither because I’m conscious that it’s a sickness that plants the seeds of suicidality in my mind. And if I have to live in this world, you can be damned certain that I’m going to try and make it a better place for women and girls to inhabit – to firmly grasp the roots of injustice with both hands and pull. While my mental health and participation in the feminist movement may not at first glance appear connected, both are consistently and adversely affected by one common factor: racism.

It is widely acknowledged by feminists that sisterhood is the most sustaining force, what keeps our movement in motion despite the weight of constant struggle. And as women who live our politics, aiming to unite theory and practice in the everyday, that solidarity between women is vital to a feminist’s being in all spheres of her life.

As I have previously written, I believe that racism is one of the greatest barriers to sisterhood between women. Since 2014 I have devoted significant energy and time to removing that barrier by challenging racism within the feminist movement. This has involved using my back as a bridge to bring white women to a place of understanding, guiding white women through the process of unlearning racism, letting my experiences of racism become teachable moments, and – frankly – showing more patience with white women’s casual racism than anyone could reasonably be expected to give. I have tried to make myself and my words a conduit for movement away from racism, movement towards true solidarity between women and girls.

In some ways, this project has been a success. It shows when a white woman has taken the time to critically examine her own racism and altered her behaviour towards women of colour. I’ve run many gentle interventions, large and small, and actually feel really proud of that work when I see a white woman is consciously unlearning racism after our conversations, when I see a change in how she practices her feminism. I don’t do it because white women deserve the Morgan Freeman treatment – members of the dominant class (in this case, white people) aren’t entitled to a unique level of understanding from people of colour. No, I do it for the women of colour whose paths will cross with those white women in feminist organising and other settings. Women of colour deserve so much better from the feminist movement than to be pushed to its margins, just as we are within a mainstream context. And so I tried to build pockets of space where white women could get to grips with basic anti-racist politics without fear of being castigated for asking questions which belied racism (again, it took an extreme degree of patience) or spiralling into defensiveness when that racism was addressed.

I think that racism flourishes because of all the silences that are allowed to grow around it. Race exists as a hierarchy, and white people are invested in upholding that hierarchy in order to retain the socioeconomic power that comes with it – and maintaining the hierarchy of race is partly achieved by making its acknowledgement taboo. Through an extraordinary feat of mental gymnastics, talking about race – in particular the realities of that hierarchy as experienced when your skin happens to be Black or brown – becomes a far greater offence than being complicit in systematic injustice.

Talking about race becomes a transgression, which is politically significant. Both within feminist spaces and in mainstream society we are all, to varying degrees, rewarded for not speaking about race and – by extension – posing no threat to whiteness as an ideology. The shame attached to talking about the dynamic of race acts as a buffer of sorts, a layer cushioning racism from in-depth scrutiny or challenge. If we cannot name or identify racism, how can we oppose it? This layer of silence creates distance between the act of racism and accountability for being racism. It is what protects the ideology behind racism from being unpicked. And so I have crafted contexts in which race may be discussed.

FiLiARecently I delivered a keynote address at FiLiA 2017, sharing my vision of interracial solidarity in the feminist movement with the conference. FiLiA was a complicated experience. For months in advance I had planned to use my time to talk about the radical and often untapped possibilities within sisterhood – but it was only the day before conference that the reality hit: I would be stepping into a predominantly white space to speak about racism, putting myself in a more exposed position than is comfortably occupied as a Black woman. And it was a very white space: I saw more Black women in the student cafeteria upstairs than in the entire conference setting. Vulnerability is a necessary part of the radical honesty that movement building demands, yet there is a fine balance between what it is to be vulnerable in talking about race and exposed to racism. Still, I gave the talk and sent those ideas out to permeate the conference.

Responses to my FiLiA address have been rather overwhelming – mostly in a good way. White women have thanked me for opening their eyes to something they hadn’t previously considered with a bit of Racism 101, shared the ways in which they plan on organising differently, and a few even said that my words changed their lives. Women of colour’s responses have been more layered, coming at the issue from a standpoint so much closer to my own, and profoundly moving. But, in the immediate aftermath, one particular response devastated me.

After the session where I spoke, I attended a panel about body positivity: Flaunting Fearlessness. Fat, disabled, and Black women are the pioneers of the body positivity movement – so their absence on the panel was immediately noticeable. The speakers consisted of four white women in the room and one Asian woman Skyping from Los Angeles: I do not name these women because a public shaming is not my objective. Instead I want to address the impact of the classism, anti-Blackness, and ableism that were woven into the conversation and uncontested by the chair. It was deeply uncomfortable and, more than that, pushed women with little social power to the margins of the movement.  Listening to that panel I grew acutely conscious that they did not view our concerns as women’s concerns, did not perceive our struggles to be women’s struggles. Having spent the morning inviting women to build interracial solidarity at the conference, it was devastating.

Sitting in the audience was acutely painful. I deliberated over whether to say anything, but a friend pointed out that the burden of challenging racism shouldn’t fall to a Black woman. So Siân raised her hand and, with real empathy, invited the panel to consider how the racism projected onto Black children has resulted in them being penalised by their school or having their hair cut off by teachers. She spoke about how money acted as a barrier to so many spaces and experiences that were being described as crucial to body positivity. She addressed the harm done by recreating hierarchies within feminist spaces. She brought up the issue of representation, or lack thereof, on the panel. And Siân, bold and brilliant, was applauded by women across the room. It was the best example of a calling in that I have ever witnessed – a genuine, compassion-filled invitation to connect.

But Siân’s invitation, like mine, was rejected. The panellist who claimed to be part of a movement so inclusive that even her dog belonged in it said “I could talk about race all day, but we can’t make everything about race.” In a society founded upon white supremacist principles, everything is already inherently racialised. To claim that those of us who address the hierarchy of race are responsible for making an issue about race is to miss the point spectacularly. Explaining that to the panel was impossible. Building a bridge was impossible. So I left the session. And I wasn’t the only one.

I left that session in tears, empty and exhausted. I found a quiet place to sit and breathe. I brought the issue to the attention of the FiLiA team, who admitted to having concerns about the Flaunting Fearlessness panel beforehand. And I agreed to help the collective as they take the necessary steps to ensure such a thing never happened at any future FiLiA conference – a point to which I will return. My reason for doing so was the same as my reason for attempting to build interracial solidarity between women in the first place: to improve a feminist space for women of colour. All the while Siân was checking up on me, making sure I didn’t feel alone.

I did not ultimately decide to leave the conference, but neither did I attend any other sessions that day. Instead I ended up sitting on the steps with Liz and letting myself be drawn into a series of comfortable conversations with women – conversations about the gendered expectations of caring, women’s spaces, and the politics of lesbian weddings. Liz Kelly is something of a litmus test for how I will engage (or not engage) with white women in a feminist setting. There are very few white feminists holding my absolute trust, but Liz is one – and so the white women she vouches for are generally among the white women I’m open to connecting with. I will not universalise this experience and say that this is an option for every Black woman: it’s not. But letting Liz’s judgements inform my own is a mechanism that saves me a lot of energy that would otherwise be spent guarding against racism in one form or another.

sisterhood

Liz has enabled me to occupy a range of predominantly white feminist environments that would otherwise not have been bearable. Siân’s courage in holding space for Black women saved me emotional labour and alienation. As I have previously written, I dislike the concept of allyship because it invariably sinks into something hollow and performative. Instead of allyship, I consider such actions as a manifestation of solidarity between women. Sisterhood is powerful – or it can be, when women are prepared to work to build it.

I value sisterhood with white women, complicated as it is. And I value solidarity with men of colour, though they are similarly complicated by context. The two are not mutually exclusive – actually, in my experience, they fit together because they are both born from living a politics of connection. The Black security guard kept catching my eye as I danced with a group of otherwise white women at the FiLiA party on Saturday night, and every time I’d laugh. Those little moments of shared understanding made me feel seen as surely as Liz or Siân did.

Within my interactions with other women of colour lies the greatest significance. But, for various reasons – all of which relate directly to power – those are the interactions about which I can say least. Most women I will not name, because they have enough to manage without being scrutinised by white women as a result of these words. Some (me included) recede into ourselves in predominantly white feminist environments, too focussed on how best to negotiate the space, too guarded against the very real risk of racism, to be fully connected with what’s going on. This is white women’s loss far more than it is a loss for women of colour. Since becoming part of the feminist movement I have watched many of the brightest and most insightful women I know clam up in spaces that are hostile to them, spaces in which their perspectives would have been of greater relevance and use than anything said by the voices centred. Such is the risk of treating white women’s voices as default.

During both days at conference I took the opportunity to connect with women from various feminist networks and communities – some of them posted about catching up with me on Twitter and Facebook, which is pretty standard of how these things go. And on more than one occasion another woman of colour messaged me privately to indicate which white women I ought to be careful around any why. (When it comes to racism, the receipts will always catch up with you.) The reach of racism in any mixed feminist space is disconcerting. And while it is grim that women of colour are in a position where protecting one another is necessary, it is a wonderful thing to be held by that sisterhood.

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The final product

On the second day of FiLiA I carried a bag of knitting around with me – having a repetitive, constructive action from which something beautiful grows is soothing. I joked to friends that returning for the next day of conference after addressing the issue of racism felt a bit like being Maleficent at Aurora’s christening. Knitting was a way to retreat from those worries and find a sense of calm. Over the lunch break I sat on the steps with a group of friends and knitted, having reached the level of anxiety at which eating food ceases to be a viable option. One of those friends was a woman I first met at the previous conference, when it was still known as Feminism in London – we had both been quiet with one another, feeling out of place (read: conspicuously brown) in that context. Although that same discomfort persisted, we had a frank and gentle conversation about anxiety – I felt seen by her, and hope she felt seen by me too, which can be the greatest gift when you are conscious of being made Other.

Later on, after knitting my way through a panel on specialised women’s services, I felt like food was possible. In the queue I bumped into Rahila Gupta and another woman. We talked about the politics of voice – who is heard, who is ignored. We talked about public speaking, when we preferred to read from notes or speak off the cuff. And Rahila asked for my perspective. It was nothing short of astonishing to me that a woman as brilliant as Rahila Gupta would treat me as a peer. Long before meeting her, I read of Rahila’s work with Southall Black Sisters in archive materials at Glasgow Women’s Library.

That interaction stayed with me all through the day and long after the closing session of FiLiA. Maya Angelou, who was awarded a Presidential Medal of Freedom for her outstanding contributions to literature, once lamented that “I have written eleven books,maya-angelou-quote but each time I think, ‘uh oh, they’re going to find out now. I’ve run a game on everybody, and they’re going to find me out.’” As was often the case, her words lit upon a truth – one which I find highly relatable. Part of me suspects that sooner or later it will emerge that my ideas are worthless – all writing opportunities withdrawn, prizes and nominations revoked, and so on. Even being invited to give a keynote by the FiLiA organising team, I did not have a sense that it was legitimate for me to occupy that space and worried that my thoughts on feminist movement building would immediately be discredited. The things I wonder ‘is it legitimate for me to say this?’ are often the things that most desperately need saying. And yet…

Imposter syndrome isn’t uncommon among women of colour. In fact, imposter syndrome is rife within the networks of Black & brown women who make up my peer group. They achieve extraordinary things, build extraordinary spaces, create extraordinary works – and continue to be plagued by self-doubt. That self-doubt is informed by context: it is what happens when we absorb the racism and misogyny thrown our way in this society. Charlie Brinkhurst-Cuff is one of the finest journalists of this generation, yet she too is familiar with imposter syndrome:

“This is the key difference between the imposter syndrome suffered by women of colour and others: the strong forces telling our subconscious that we are undeserving of success and that we don’t belong in the environments we inhabit. We don’t see people who look like us, hear accents like ours, or, necessarily, have role models. Our insecurities over our achievements are the effect of people reacting with shock when they realise how well [we are] doing…”

If the feminist movement is truly concerned with the liberation of all women and girls then we as feminists must ensure that our spaces do not replicate the same old hierarchies, but instead create a viable challenge to those hierarchies. If those spaces happen to be racially mixed, white women have a responsibility to uplift women of colour – to centre our voices instead of pushing us to the margins. White women have a responsibility to actively unlearn their racism. It is the white women who cling to racism that should doubt the legitimacy speaking on feminist politics, not the women of colour whose words are a fundamental challenge to white supremacist capitalist patriarchy.

In the weeks after FiLiA I was hugely conflicted, but ultimately I stand by my radical vision of sisterhood – one in which true interracial solidarity between women is possible. Whether or not I have the energy to help bring that vision into being is another question altogether.  I am not a well woman. Neither am I a resource for white women to mine. And, in the spirit of honesty, it is far more tempting to devote all that energy to becoming a crochet master – something sustaining, not draining.

Still, I have spoken with Lisa-Marie – the founder of FiLiA – about the conference. To me, the most significant factor is how a white woman responds to racism – will she deny the issue is there, or will she grasp it at the root? Lisa-Marie was adamant that FiLiA is to be a space where women can engage with feminist politics free from racism, classism, ableism, or any other form of prejudice. She fully acknowledges that FiLiA is imperfect in its present form and is determined that the space engages with issues of structural power – which is why I offered Lisa-Marie my perspective on how FiLiA can evolve and gave her permission to check in with me on developments. FiLiA is flawed, but something good can grow there. Perhaps, with enough work, FiLiA will become a place where interracial sisterhood flourishes. Like I said on the stage: “to be a feminist is to be an optimist.”

 

Binair of een spectrum, gender is een hierarchie

Binary or Spectrum, Gender is a Hierarchy is now available in Dutch! The original essay is available here. By her request, the translator remains anonymous – I am extremely grateful for her work.


Een kort voorwoord: dit is het vijfde essay in mijn serie over geslacht, gender and seksualiteit. Deel 1, 2, 3 en 4 zijn hier bij Sister Outrider te lezen. In dit essay, bestrijd ik het idee dat gender begrepen kan worden als iets anders dan een hiërarchie. Dit essay is opgedragen aan E, een ster van een lesbiënne en feminist.


 

 “Het is onmogelijk onderdrukking te benoemen en bestrijden als er geen benoembare onderdrukkers zijn” – Mary Daly

Wat is gender?

Gender is een verzinsel, gecreëerd door de patriarchaat, een hiërarchisch systeem opgedrongen door mannen om hun dominatie over vrouwen te garanderen. Het idee van een binair gender werd ingesteld om de ondergeschikheid van vrouwen te rechtvaardigen door de onderdrukking door mannen als de natuurlijke stand van zaken af te schilderen. Door gender als natuurlijk af te schilderen, wordt niet alleen de hiërarchie gedepoliticeerd, maar overtuigt er eveneens vrouwen van dat radicale weerstand ten opzichte van gender, het middel van onze onderdrukking – vergeefs is door uit te gaan van essentialisme. Deze hopeloosheid leidt tot apathie, wat sociale verandering meer ondermijnt dan onomwonden verwerping van gender. Als het afschaffen van gender (en daardoor het ontmantelen van het patriarchale systeem) een onbereikbaar doel is, hebben  vrouwen geen andere keuze  dan hun status als tweede klas burgers van de wereld te accepteren.  De visie op gender als een aangeboren eigenschap is het accepteren van de patriarchale blauwdruk voor de samenleving.

gender imageGender is een hiërarchie die het mogelijk maakt voor mannen om dominant te zijn en creëert de condities voor de ondergeschikte positie van vrouwen. Omdat gender een fundamenteel onderdeel is van de witte, kapitalistische samenleving (Hooks, 1984), is het is bijzonder ontzettend om te constateren dat elementen van het ’queer discours’ beweren dat gender niet alleen in het aangeboren en onveranderlijk,  maar zelfs heilig is.

Het ’queer maken van gender’ is verreweg een radicaal alternatief voor de status quo, in plaats daarvan versterkt het de normen die door het patriarchale systeem zijn opgedrongen door middel van het repliceren van patriarchaal essentialisme. Een queer begrip van gender daagt het patriarchaat niet op een zinvolle manier uit – in plaats van mensen aan te moedigen om de door de patriarchie gestelde normen te weerstaan, biedt het hen een manier om deze normen juist te omarmen. Queer politiek daagt  traditionele geslachtsrollen niet zo zozeer uit, maar blaast deze nieuw leven in– en hierin schuilt het gevaar.

Door te stellen dat gender ’queer’ kan of moet worden gemaakt, verliest men uit het oog hoe geslacht functioneert als een systeem van onderdrukking. Hiërarchische systemen kunnen per definitie niet worden opgenomen in een politiek van bevrijding. Structurele machtsongelijkheid kan niet omgebogen worden tot deze niet meer bestaat – de1600-Genderbread-Person opvatting van  gender als een kwestie van performativiteit of persoonlijke identificatie ontkent haar praktische functie in een hiërarchie. Elke ideologie die gender niet als een manier van onderdrukking van vrouwen onderscheidt, kan niet als feministisch worden omschreven – inderdaad, aangezien queer ideologie grotendeels onkritisch blijft ten opzicht van machtsverschillen achter de seksuele politiek, is anti-vrouw.

De logica van geslachtsidentiteit is fundamenteel gebrekkig, gebaseerd op het uitgangspunt dat gender aangeboren en essentieel is. Zoals feministen al decennia lang hebben beweerd, is gender sociaal geconstrueerd – een fabricage ontworpen om de dominatie van vrouwen door mannen mogelijk te maken. De opvoeding van kinderen, in zelfs voor de geboorte al ingedeeld in man/vrouw, dient de seksen te verdelen in een dominante en ondergeschikte klasse. Feminisme erkent dat biologisch geslacht bestaat terwijl het tegelijkertijd essentialisme bestrijdt, het ageert tegen het idee dat seks bepaalt wie of wat we kunnen zijn als mensen. Feminisme beweert dat ons karakter, kwaliteiten en persoonlijkheid niet bepaald worden door de vraag of we man of vrouw zijn. Queer theorie stelt daarentegen dat een reeks kenmerken intrinsiek mannelijk is en een andere reeks kenmerken inherent vrouwelijk, en dat onze identiteit afhankelijk is van hoe we met deze eigenschappen overeenkomen.

In plaats van te erkennen dat er veel manieren zijn om man of vrouw te zijn, schuift queer theorie mensen in een steeds groter aantal categorieën georganiseerd door stereotypes. Er is geen wetenschappelijk bewijs om het bestaan van typisch mannelijke of vrouwelijke hersenen te ondersteunen, en claims voor het bestaan van mannelijke of vrouwelijke hersenen zijn het product van neuroseksisme (Fine, 2010). Toch positioneert queer ideologie gender als een aangeboren identiteit, waarbij wordt gesteld dat gender is ’wat je voelt’.

‘De levenslange handboeien van culturele conditionering die me hebben geprobeerd mij te overtuigen dat een geslacht een biologisch feit is in plaats van een sociaal construct, zijn moeilijker te schudden dan ik zou willen.’ – Louise O’Neill, ik noem me een feminist: Opinies van vijfentwintig vrouwen onder dertig

Het probleem met ’gender identiteit’

Ondanks haar essentialisme is het queere begrip van gender steeds vaker in de progressieve en feministische ruimten te vinden. Het is niet moeilijk om te begrijpen waarom. Gender ideologie erkent dat een binaire mannelijke en vrouwelijke genderrol beperkend is voor individuen, maar in plaats van te pleitn voor het uitgebreide project dat nodig is om de hiërarchie van geslacht af te breken, biedt het een veel makkelijker oplossing: een individuele opt-out-clausule waarmee mensen zich kunnen verzoenen met het patriarchaat. Het omarmen van de gender is het omarmen van een verhaal van exceptionalisme .  Het omaremen van gender-ideologie is het accepteren dat er een klasse van mensen is die van nature ingesteld is om hun positie binnen de te accepteren (onderdrukt of onderdrukker) en een groep mensen die uitzonderingen zijn op de traditionele genderregels.

Er is een fundamenteel probleem met queer gender ideologie. Zoals ik eerder heb beschreven, is dat probleem misogenie. Door te beweren dat bepaalde groepen van nature geschikt zijn de geslachtsrol die hun sekscategorie heeft opgelegd, zogenoemde “cis” –personen, moet je misogynie onderschrijven. De vrouwen die als cis worden gecategoriseerd, zijn door de logica van geslachtsidentiteit inherent geschikt om door mannen onderdrukt te worden. Het hele patriarchale systeem wordt derhalve gekleurd door gender ideologie, gepresenteerd als een natuurlijke stand van zaken in tegenstelling tot een systeem van onderdrukking die ontworpen is om mannen de heerschappij over vrouwen te verlenen.

Omdat queer identiteitspolitiek gebouwd is rond een verhaal van exceptionalisme, wordt de machtsdynamiek van seksuele politiek volledig genegeerd. Door de taalkundige verdraaiing van “cis” wordt de onderdrukking van vrouwen als een voorrecht aangevoerd en daarom wordt de bevrijding van “cis” -vrouwen uit patriarchale onderdrukking opgeheven. Seksuele politiek wordt afgewezen door zelfidentificatie, waardoor het lidmaatschap van een seksklasse politiek onzichtbaar wordt gemaakt.

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“Zoveel genders en toch weten we, op magische wijze, welke helft van het menselijke ras verwacht wordt billen af te begen en vloeren te schrobben”  – Victoria Smith

Gender is een gevangenis, en ik heb compassie voor iedereen die daardoor wordt beperkt. Het is afschuwelijk dat mannen ontmoedigd worden om empathisch, vriendelijk te zijn en zich op een creatieve manier te uiten. Er is wreedheid bij het socialiseren van jongens in de mannelijkheid. Er wordt gezegd dat er een verband bestaat tussen gender ideologie en het witwassen van mannelijk voorrecht dat de controle vereist. Dat gezegd hebbende, er is een connectie tussen gender ideologie en het witwassen van mannelijk privilege.  

Dit probleem wordt geïllustreerd door het geval van Ben Hopkins, de helft van het punk duo PWR BTTM. Hopkins is biologisch man en is als zodanig gesocialiseerd in zijn mannelijkheid. Zoals veel bekende mensen die biologisch man zijn, exploitteerde Hopkins zijn roem en macht om zijn vrouwelijke fans seksueel te misbruik.  Volgens een van zijn slachtoffers is Hopkins een “bekend seksueel roofdier die veelvoudig heeft toegeslagen, andere mensen in de queer community heeft gepest en ongewenste advances heeft gemaakt op minderjarigen.” Wat Hopkins onderscheidt van de lange traditie van machtige mannelijke misbruikers is dat hij zich identificeert als genderqueer. Als zodanig zou het queer perspectief, Hopkins acties niet als mannelijk geweld tegen vrouwen beschouwen. Queer exceptionalisme, zoals deze zich manifesteert door de logica van genderidentiteit, maakt het onmogelijk om mannelijk geweld als zodanig te noemen of te bevechten.

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Mannen worden vanaf hun geboorte aangeleerd dat zij recht hebben op de tijd, de aandacht, liefde, energie en lichamen van vrouwen. Toch ontvangen mannen, in overeenstemming met de logica van genderideologie, ongelukkige, maar willekeurige, in tegenstelling tot een waarschijnlijk gevolg van de gendered socialisatie in de patriarchale samenleving. Ondanks de zelf-identificatie  als genderqueer, heeft het seksuele geweld dat Hopkins tegen vrouwen met dramatisch minder sociale macht dan hij, perfect de logica van mannelijkheid gevolgd. In welke zin kan een man die het meest toxische mannelijkheid gedrag vertoont, beweren dat hij gender queer heeft gemaakt.

Zoals zijn acties duidelijk maken, heeft Hopkins niet bewust de mannelijke socialisatie of zijn recht op vrouwenlichamen afgeleerd. Hoe Hopkins kiest om te identificeren, heeft weinig invloed op de gruwelijke realiteit van de situatie. Door te claimen genderqueer te zijn, probeerde Hopkins het mannelijke privilege waarvan hij profiteerd onder het tapijt te schuiven. Jen Izaakson schrijft voor Feminist Current over de paradox die schuilt in Hopkins’ claim genderqueer te zijn:

“… Hopkins gebruikte glitter, eyeliner en vintage jurkjes om een ​​begrip van en navolging van queer idealen te demonstreren, om een ​​afwijzing van” giftige mannelijkheid” te illustreren evenals een afwijzing van  gendernormen die sociaal toegeschreven worden aan mannen. Maar het dragen van bloemrijke jurken en lipgloss leidt niet tot een feitelijke afwijzing van het mannelijke recht en mannelijke dominantie van mannen onder het patriarchaat. Door middel van zelf-gedefinieerde identiteiten, individuele expressie en performativiteit, in plaats van het mannelijk geweld en ongelijkmatige machtsstructuren te onderzoeken, heeft queer discourse het mogelijk gemaakt voor misogynie om gemakkelijk toegang te verkrijgen tot het feest.”

Evenzo heeft de transactivist Cherno Biko (geboren als man) openlijk bekend dat een transman (geboren vrouw) verkracht te hebben met de fantasie en de bedoeling om deze tegen hun wil te bezwangeren. Ondanks publiek erkend te hebben  seksueel misbruik gepleegd te hebben, werd Biko uitgenodigd om tijdens de vrouwenmars in Washington op het podium te spreken en was de medevoorzitter van de adviesraad van de jonge vrouw in New York. Dit roept vragen op over niet alleen over het schijnbare gebrek aan aansprakelijkheid voor seksueel misbruik binnen het feminisme, maar ook in de mate waarin progressieve politieke bewegingen bereid zijn om geweld tegen vrouwen door de vingers te zien zodra de dader zich als transgender of genderqueer identificeert.

Geweld tegen vrouwen zijn zowel de oorzaak en het gevolg van het patriarchiaat, en ze worden genormaliseerd door de logica van het genderdenken. Genderideologie onderschrijft de machtsongelijkheid van seksuele politiek – een hiërarchie die door gender zelf is ingesteld – en in plaats daarvan beschouwt het gender als een kwestie van zelfidentificatie. Het queer perspectief individualiseert de vraag van identiteit om gender te depolitiseren, waardoor moeilijke vragen over macht en patriarchie worden vermeden.

We worden verteld dat geslacht een diep persoonlijke kwestie is en dient daarom, zoals alle goede liberalen weten, niet grondig te worden onderzocht. Desalniettemin blijkt dat transvrouwen ‘een mannelijk patroon behouden met betrekking tot criminaliteit na een geslachtsveranderende operatie’ en dat ‘hetzelfde geldt voor gewelddadige misdaad’. Gezien het feit dat één op de drie vrouwen in haar leven mannelijk geweld zal ervaren, is dit geen kleinigheid: 96% van de mensen die seksueel geweld plegen zijn biologisch mannelijk. De veiligheid van vrouwen en meisjes is nooit een aanvaardbare prijs om te betalen, zelfs niet in de naam van inclusiviteit. Mannelijke socialisatie speelt een aantoonbare rol in de vorming van houding en gedrag. Als vrouwen het geweld dat we ervaren niet kunnen benoemen noch systeem dat dit mogelijk maakt, kunnen we deze niet bestrijden.

“Toen Simone de Beauvoir schreef dat een meisje niet als een vrouw geboren is, maar eerder een wordt, bedoelde ze niet dat een individu van het mannelijke geslacht, gesocialiseerd in de verwachtingen van de mannelijke genderrol, simpelweg kan beslissen om hormonen te nemen en wellicht operatie te ondergaan en zo ‘een vrouw worden”- Dame Jenni Murray

Door de lens van genderidentiteit kan de onderdrukker zijn mannelijke voorrecht vebergen en de status van onderdrukte opeisen. Door de lens van genderidentiteit kunnen de onderdrukten ook de basis van hun onderdrukking verwerpen door middel van zelfidentificatie. Genderideologie wil een hiërarchie als een identiteit voorstellen. Helaas kan men niet aan structurele en systematische onderdrukking ontkomen – hoewel het queer discours dit als een legitieme route voor vrouwen voorstelt. De man is de standaard voor de mensheid, terwijl de vrouw die zich bezighoudt met ‘Andere’ – gedefinieerd alleen in relatie tot de man (Beauvoir, 1949). Het is geen wonder dat een groeiend aantal vrouwen, ontevreden over de beperkingen die door de vrouwelijke genderrol worden opgelegd en zich bewust zijn dat mensen meer zijn dan het holle stereotype van vrouwelijkheid, stoppen met het zich identificeren als vrouw.

In plaats van de vrouwelijke genderrol als het probleem te identificeren en de genderhiërarchie te ontmantelen, worden vrouwen nu zich niet langer als zodanig te identificeren als ze zich gedragen of voelen zoals mensen nu eenmaal doen. In plaats van vrouwen de middelen aan te reiken om hun geïndividualiseerde misogynie af te schudden, moedigt de geslachtsideologie hen aan om vrouw zijn te verwerpen en zich te beroepen op individuele uitzonderingen op de gendersysteem. Door volledige mensheid en vrouwelijkheid als wederzijds exclusief uit te nodigen, nodigt genderideologie vrouwen uit om deel te nemen aan Ik-Ben-Niet-Zoals-Andere-Meisjes: De Queer Editie.

Het is begrijpelijk dat vrouwen graag de aan vrouwelijke genderrol willen ontsnappen – inderdaad, de bevrijding van vrouwen uit de genderhiërarchie is een kerndoel van het feminisme. Maar het feminisme pleit voor de bevrijding van alle vrouwen van alle vormen van onderdrukking, niet alleen de bevrijding van degenen die stellen dat hun individuele onderdrukking vanwege hun gender verkeerd is – diegenen die “niet een soort ’vrouw zijn’ ambiëren“.

De homofobie van het ’queer’ maken van gender

Ondanks dat er gesproken wordt over een ’queer community’, een alliantie tussen ledengay liberation van de LGBT + alfabet soep, ligt er altijd al homofobie aan de basis van queer politiek. Queer-ideologie kwam op in reactie op  lesbische feministische principes, die een radicale maatschappelijke verandering bepleiten door het transformeren van persoonlijke levens (Jeffreys, 2003). De politieke belangen van lesbische vrouwen en gemarginaliseerde homoseksuele mannen – met name de afschaffing van geslachtsrollen – worden door queer politiek van tafel geveegd. Individualisme voorkomt elke geconcentreerde focus op feministische en homoseksuele bevrijdingspolitiek, wat door queer discours wordt beschreven als ’ouderwets’, ’saai’ of ’anti-seks’.

In de afgelopen jaren is het openlijk anti-homo sentiment gestegen. Pogingen om lesbische vrouwen en homoseksuele mannen uit te wissen zijn nu bon ton in de ’queer’ wereld. Shannon Keating schrijft in een opinie waarin de vraag wordt gesteld of de lesbische identiteit de genderrevolutie kan overleven dat de ’lesbisch’ en ’homoseksueel’ verouderde termen zijn.

“Tegen de steeds kleurrijkere achtergrond van gender diversiteit, begint een binair label als ‘gay’ of ‘lesbisch’ muffig en saai te voelen. Als er zo veel genders zijn, is het dan niet ’close-minded- of erger nog, schadelijk en exclusief- als je je identificeert mete en label dat  impliceert dat je alleen maar aangetrokken bent tot één van hen?”

Er is een volhardende tak van homofobie binnen de genderideologie. Deze manifesteert zich zo regelmatig, omdat deze homofobie verwoven is met genderpolitiek. Aantrekking tussen mensen van gelijk geslacht, wordt halsstarrig geproblematiseerd omdat deze het bestaan van biologisch geslacht erkent, alsmede haar betekenis voor het bepalen voor potentiele aantrekkingskracht – iets wat ingaat tegen de claim dat gender in plaats van geslacht van belang is voor iemands identiteit.

Eerder dit jaar beweerde Juno Dawson, de auteur van The Gender Games, dat het zijn van een homoman eigenlijk niets anders is dan een ‘troostprijs’ voor diegenen die niet bereid zijn om te kiezen voor het leven als een transvrouw. Voor Juno’s transitie leefde en had hij lief als een homoseksuele man, daarom is het is het bijzonder lastig dat Dawson homoseksualiteit verklaarde als iets dat minder respect en erkenning verdient.  Dawson schetste het leven als een homoman als een minderwaardig alternatief, een armzalig substituut, voor de onderdrukking van zijn van een transvrouw. Toen homoseksuele mannen en lesbische vrouwen bezwaar maakten tegen deze homofobie, maakte Dawson een niet-verontschuldiging die een fundamentele waarheid over de politiek van geslachtsidentiteit en seksualiteit blootlegt: “Veel transmannen en- vrouwen leefden voor hun transitie als homoseksuele mannen of lesbiennes dus ik vind het een heel belangrijk punt om te bespreken… ”

Het is ontzettend regressief om te betogen dat homomannen eigenlijk onvoltooide vrouwen zijn. Volgens deze logica is alleen het meest heterosexuele en giftigste van mannelijkheid werkelijk mannelijk. En als homoseksuele mannen in werkelijkheid transvrouwen zijn, bestaat er niet zoiets als een homoseksuele man. Homoseksualiteit is ‘genezen’ – een agenda die traditioneel tot sociaal conservatieven behoorde, maar nu binnen de queer ideologie wordt betoogt. En het is geen toeval dat zoveel van degenen die kiezen voor een chirurgische of medische transitie, homoseksuele mannen of lesbische vrouwen zijn, die na hun transitie als heteroseksueel leven. In Iran, waar relaties tussen mensen van hetzelfde geslacht met de dood worden bestraft, zijn geestelijken bereid om ”het idee te accepteren dat een persoon in een lichaam van het verkeerde geslacht kan worden gevangen”.

Geslachtsideologie is fundamenteel conservatief. Het is gebaseerd op de veronderstelling dat genderrollen absoluut zijn, dat diegenen die afwijken van hun opgelegde genderrol moeten behoren tot een andere categorie. Lesbische vrouwen en homoseksuele mannen dagen genderrollen uit, simpelweg door van iemand van hetzelfde geslacht te houden en  door af te wijken van de heteropatriarchale patronen van dominantie om een ​​seksuele politiek van gelijkheid te creëren. Als we overgaan naar heteroseksualiteit, in overeenstemming met de genderrollen, moeten we ons aanpassen aan de genderrollen zoals die door het patriarchiaat worden voorgeschreven.

Niemand is geboren in het verkeerde lichaam. Een lichaam kan per definitie niet verkeerd zijn. Het systeem van gender is daarentegen onjuist op alle fronten. Het problematiseren van lichamen in plaats van de hiërarchie die ze beperkt, repliceert alleen de destructieve ideologie in de kern van het patriarchiaat. Het keert de benadering van de politiek van bevrijding om, in het beste geval heeft het het patriarchiaat verkeerd begrepen, in het slechtste geval is het er een onderdeel van.

Conclusie

 Kritiek op genderideologie wordt sterk ontmoedigd. Ik vermoed dat dit komt doordat hoe meer men het queere begrip geslacht verkent, hoe duidelijker haar misogynie en homofobie wordt. Zodra de progressieve glans begint te verbleken – zodra het duidelijk wordt dat genderideologie in het beste geval gedienstig is aan het patriarchaat en de schade die deze berokkent aan vrouwen, wordt de queer politiek veel moeilijker om te verkopen aan de algemene bevolking.

 

fuck grEn zo worden de feministen die gender-ideologie bevragen als onverdraagzaam gebrandmerkt, de kritiek en die vrouwen die dapper genoeg zijn om deze te maken, worden als illegitiem weg gezet. Vrouwen die genderideologie in vraag stellen, worden TERF’s genoemd – we worden er telkens verteld dat hun enige motief voor hun kritiek op genderideologie valsheid is, in tegenstelling tot een betekenisvolle zorg voor het welzijn van vrouwen en meisjes. Daarmee citeer ik Mary Shelley: “Pas op; want ik ben onbevreesd en daarom krachtig.” Elke poging om vrouwen te ontmoedigen om onze onderdrukking aan te pakken, is diep verdacht.

 

Geslachtsideologie creëert een valse dichotomie van mensen die vanaf hun geboorte gebonden zijn aan traditionele geslachtsrollen en een uitzonderlijk kleine groep die dat niet zijn. Geslachtspolitiek is het meest uitgebreide en schadelijke voorbeeld van het gebruik van de methodes van de meester om het huis van de meester te ontmantelen. Waarom gender queer maken als wij deze helemaal kunnen afschaffen? Waarom verspillen wij onze energie met het omkeren van onderdrukkende praktijken als we deze helemaal kunnen afschaffen.

 

’Vrouw’ is een geslachtsklasse – niets meer, niks minder. ’Man’ is een geslachtsklasse – niets meer, niets minder. Stellen dat de reikwijdte van onze identiteit wordt bepaald door de genderrol die onze geslachtsrol wordt opgelegd is het legitimiseren van een patriarchaal project. Als feminist, als vrouw, verwerp ik de queerpolitiek en de geslachtsideologie die deze bepleit. In plaats daarvan stel ik dat vrouwen en mannen die buiten het script leven op basis van gender- of het nu queer- of patriarchale classificaties is – omarmd worden als revolutionairen. Alleen door de afschaffing van gender kunnen we ware bevrijding bereiken.

Interracial Solidarity in the Feminist Movement – #FiLiA2017

A brief foreword: this is the transcript of the keynotes address I delivered at FiLiA 2017, on Saturday the 14th of October. I was initially hesitant to share this speech, as I can no longer think of interracial solidarity between women of colour and white women as a viable project. However, out of commitment to feminist documentation and the women who requested it be made public, I have decided to post the transcript.

Writers and theorists who remain immobile, closed to any shift in perspective, ultimately have little to offer. Perhaps in the future I will return to advocating interracial movement building. Perhaps not. Either way, this transcript is an outline of the thoughts I held on the matter.


It is an honour to be here with you all today, and a privilege to share the stage with Kate, Sophie, and Cordelia. Thank you for inviting me to be part of this year’s FiLiA conference. As someone who is passionate about movement building, it is a pleasure to be here speaking about the radical potential within feminist sisterhood. As Adrienne Rich once said, “The connections between and among women are the most feared, the most problematic, and the most potentially transforming force on the planet.” Given their revolutionary potential, I think that as feminists it’s worth exploring the possibilities contained within the connections between women – some of which remain largely unrealised or underexplored. For this reason, I’m here to talk to you about interracial solidarity within the feminist movement – a mine of untapped potential within our politics and many women’s lives.

Before we get going, it’s important to say that the burden of self-reflection and action required to improve the dynamic of race within the feminist movement lies with white women. This is at points a tough conversation, but it’s also a necessary one, and for the white women hesitant about engaging fully with it I’d like to point out that racism is consistently undermining the efforts made by feminist women – the benefits to fully unpicking racism from feminist spaces and communities are legion. To the women of colour in the audience, I have decided to focus on this specific issue because it is vital that all the Black and Brown girls coming into this movement experience better from it than what has gone on before in mixed feminist spaces. Every last one of them deserves more.

Feminism is a social movement devoted to the liberation of women and girls from oppression. The oppressions we experience are the result of white supremacist capitalist heteropatriarchy – quite a mouthful, but it is vital to acknowledge that these hierarchies are all interconnected. Systems of oppression cannot be neatly divided into separate entities when they constantly overlap in our everyday lives. Since you’re engaging in a feminist space that’s all about trying to develop ideas on how to improve our movement and make this world a better place to live in, I’m working in the belief that most of you will be receptive. We are all here at FiLiA as feminists who understand the value of movement building. I’ll try to be gentle, but not at the expense of the radical honesty this conversation demands.

The reality is that race politics are where a lot of white women fall down in their feminist practice. Not all white women – but enough that women of colour are reasonably wary of those interactions. White liberal feminists have a habit of failing to consider racism in terms of structural power. White radical feminists can be quite unwilling to apply the same scrutiny or structural analysis to the hierarchy of race as they do to the hierarchy of gender. Both liberal and radical white feminists often carry the expectation that women of colour should prioritise challenging misogyny over resisting racism, as though the two issues are mutually exclusive and not woven together in the fabric of our everyday lives.

For years amazing women such as Stella Dadzie, who will be speaking to you tomorrow morning, have been documenting and challenging the racism and misogyny that Black women experience in Britain. I’m not here to prove that racism exists or has negative consequences for women of colour in Britain: it does. I am here to talk about how we – as feminists, as women who share a social movement – can unpick racism from feminist communities. I’m going to talk about movement building, the dynamic of race in the feminist movement, and practical steps towards building interracial solidarity between women.

As we participate more in feminist spaces and conversations, women build a deep understanding of patriarchy – how it works, and where we are positioned by the hierarchy of gender. Feminism has enabled women to connect the personal with the political in our analysis of patriarchy. Nothing about feminist politics or theory is abstract – it all connects back to some element of women’s lives. The movement also gives us space to think about how structural inequalities have impacted upon our experiences, shaped our realities. And once you start to join the dots between the personal and the political, the extent to which women are marginalised around the world becomes clear.

White women rightly consider themselves to belong to the oppressed sex class. And I think that it’s because white feminist women fully understand the implications of belonging to the dominant class that exploring what it means to be part of the dominant racial class can be so challenging. This awareness punctures the fundamentally misguided belief that all women are positioned the same within structures of power.

That knowledge does not fit alongside the claim that a unilateral, one-size-fits-all approach to feminism is going to work – that really gender is the main problem women have to contend with, and everything else can wait. So in order to side-step any difficult conversations about race and power within feminism, we’re fed this idea that talking about race divides women. In addition to protecting white women from the having to confront their own racism, this argument suggests that the energies of all feminist women would be best concentrated on challenging sex-based oppression – if we follow this logic, it leads to the expectation that women of colour work towards an agenda that sees a great many white women liberated while we are left within exploitative hierarchies.

Focussing on misogyny alone isn’t going to solve all of the problems created by white supremacist capitalist patriarchy, let alone dismantle that system of power. Being selective about the forms of exploitation and dominance that we analyse is not only ineffective, but a contradiction of core feminist principles. Every feminist knows that revolution isn’t brought about by half-assed politics. We have to live those politics and let them diffuse throughout every aspect of our lives. There’s no way that we can drive a cultural shift towards women’s liberation if we don’t make sure that feminism recognises and prioritises the needs of all women – of colour, working class, disabled, migrant, lesbian, bi. All women.

It isn’t talking about race that divides women – it’s racism that divides us. To be specific, women as a political class are divided by the racism white women direct towards women of colour, the racism that white women observe and fail to challenge because, ultimately, they benefit from it. Whether intentional or casually delivered, that racism has the same result: it completely undermines the possibility of solidarity between women of colour and white women. White women’s unwillingness to explore the subject of race, to acknowledge the ways in which they benefit from white supremacy, acts as a barrier between mutual trust.

So It’s not really a secret that certain strands of feminism have an ongoing problem with race. The feminist movement didn’t form inside of some sort of social vacuum, separate from white supremacist values or beliefs. Everyone in this society absorbs racism. People of colour internalise it. White people weaponise it against us. Even within the movement. Here are some examples of how.

Less so now that intersectionality has become so fashionable, but some white women have a tendency to position racism and sexism as totally distinct and separate problems, issues that do not overlap and do not therefore need to be analysed together. This perspective completely disregards the lived realities of women of colour. While a significant amount of early radical feminist writing and activism was what we would now describe as being intersectional in nature, white womanhood was too often treated as the normative standard of womanhood within the second wave of feminism. As a result, women of colour were and continue to be further marginalised in a context that is supposed to be about the liberation of all women.

Another issue is the response when we try to address racism in the feminist movement. When white women disregard and speak over those women of colour who do voice concerns over racism, that’s not sisterhood. If anything, that pattern of behaviour undermines sisterhood by exploiting the hierarchy of race. Telling us that we’re angry, scary, imagining things, being overly sensitive, or playing on any other racial stereotype to shut down the conversation and assert the innocence of white womanhood is racism, plain and simple. Yet it happens so routinely.

And then there are the hierarchies that manifest within feminist organising, hierarchies that only replicate the system of value created by white supremacist capitalist heteropatriarchy. The balance of authority tipping towards white women in mixed feminist spaces is not neutral. Women of colour ending up on the fringes of a feminist group or campaign, brought to the centre of the team only when there’s a camera about, is not neutral.

Looking over patterns that unfold within feminist spaces, there are three main areas which I invite white women to consider for future collective projects within the movement. This is by no means an exhaustive list of every single issue that stems from racism within the movement, and neither is it a definitive guide. The politics of engagements between white women and women of colour are contextual, relational, and shifting – nothing is set in stone, and truly organic connections can’t be pre-scripted. That being said, perhaps some of these points will prove helpful in shaping approaches to those interactions.

The first point is white women acting as gatekeepers of the feminist movement, positioning themselves as authorities of feminism above other women. Of course white women have developed a rich body of knowledge throughout their participation in feminism, but feminism is a global movement containing multitudes of women – however worthwhile it may be, white women’s theorising cannot reasonably be assumed to hold universal or absolute feminist truths applicable to all women. This tension manifests in a lack of understanding towards the perspectives held by Black and Asian feminists – there can be a tacit assumption that our ideas aren’t worth meeting or building upon within mainstream feminism. Or, if we approach an issue from a different angle to white women, there’s often an implication that if our ideas were a little more developed or nuanced, the disagreement wouldn’t exist. And that makes it very difficult to enter a feminist conversation on an equal footing.

Feminist organising is another area worth drawing attention to. It takes such energy and commitment to sustain a group or campaign. I fully appreciate that, and commend all the women who are part of creating that magic. All the same, it’s important to keep working towards best feminist practice – and improving the dynamic of race within mixed feminist spaces is very much an achievable goal. If there are no women of colour in your group, team, or collection, ask why not. Please don’t fall into the trap of complacency and think that no women of colour are interested in working collaboratively. If there are none, there’s a reason for our absence. Reflect on what it might be about the project that’s off putting and try to work out steps to change it. Give women of colour reason to trust you. Think about it this way: how much time would you realistically spend in an optional activity where being on the receiving end of misogyny was a distinct possibility?

And when there are women of colour within the feminist space, think about your approach to us. Do you give us the same support, encouragement, and understanding that you would another white woman? When we speak, do you listen to our voices and engage with the layers of what we have to say? Do you think of us as full members of the collective, necessary to the work done by the feminist movement, or as tokens and boxes to be ticked on a diversity form? How you answer those questions make a profound difference. Those are deciding factors in whether sisterhood can exist.

The most direct step is to reconfigure how you think about women of colour. I don’t really like the word ally, because allyship tends to devolve into something hollow and performative. It also doesn’t really offer the scope for a mutual connection, which is what interracial solidarity between women is. But unpicking racism has a steep learning curve. How could it not when white supremacist values are at the foundation of this society? During the course of that learning process, especially during the early stages, try and keep in mind that most feminist women of colour have had these conversations about race dozens and dozens of times. And those conversations cost us more than they cost you. There are plenty of quality books and resources on the subject, so make use of them.

And now I have some points for women of colour who are pursuing any kind of solidarity with white women – less advice than reminders. Look after yourself. Don’t forget to prioritise self-care. Your needs are important, and it’s okay to take whatever space and time you need. I think because of the superwoman quality that gets projected onto Black women especially, we are not always positioned as in need of gentleness or empathy – so it is crucial that we take care of ourselves and each other.

Remember that you can say no. It is a complete sentence, short and sweet. And you don’t owe anybody an explanation as to why.

You’re not a learning resource, and you’re not the Morgan Freeman type character in a white woman’s story – you’re a human being with her own story. So don’t be afraid to set boundaries, assert needs, and follow your own instincts.

There is something fundamentally freeing about spaces that are built by and for women of colour. Those spaces have a joy and easiness to them, and there is this indescribable feeling of connection – it’s very nourishing to experience. Women come out of our shells and share so much of ourselves that it is impossible to be unmoved by a women of colour space. Last weekend I was in Amsterdam for the second annual Women of Colour in Europe conference, and inhabiting a space like that is sustaining. That feeling is what I think of when I picture sisterhood. And I think we’ll have achieved a greater degree of interracial solidarity when there is greater scope for women of colour to access that feeling of ease and belonging in mixed feminist spaces.

If I am willing to remain an optimist, it is because I believe in a feminist movement built upon true solidarity – one in which “all women” means “all women”, not an insistence that white women are prioritised. And I can’t think of a better place to start building it than FiLiA. Although our movement struggles with the dynamic of race, it can improve here and now. To be a feminist is to be an optimist – to retain the belief that structural inequalities can be dismantled, the belief that better is possible.

When women of colour address the racism demonstrated by white women, we are seeking to overcome the ultimate barrier between women. I don’t think many women waste their breathe on a critique if they don’t think it can bring about positive results. I’ll finish with this quote by Chandra Mohanty, which sums it up beautifully: “…sisterhood cannot be assumed on the basis of gender; it must be forged in concrete, historical and political practice and analysis.”

Qu’on le voie comme binaire ou comme un spectre, le genre demeure une hiérarchie

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« Il est impossible de nommer l’oppression et d’agir contre elle si aucun oppresseur ne peut être nommé. » (Mary Daly)

Qu’est-ce que le genre?

Le genre est une fiction créée par le patriarcat, une hiérarchie imposée par les hommes pour assurer leur domination sur les femmes. L’idée d’une structure binaire de genre a été créée dans le but de justifier la subordination des femmes en décrivant notre oppression par les hommes comme un état naturel, résultant de la façon dont se manifestent des caractéristiques innées prêtées aux hommes et aux femmes. La présentation du genre comme naturel ne sert pas seulement à dépolitiser la hiérarchie, elle recourt à l’idéologie essentialiste pour convaincre les femmes de la futilité de toute résistance radicale au genre comme mécanisme de notre oppression. Le désespoir engendre l’apathie, laquelle entrave le changement social plus efficacement que toute répression manifeste. Si l’abolition du genre (et donc le démantèlement du patriarcat) est un objectif non réalisable, nous les femmes n’avons d’autre choix que d’accepter notre statut de citoyennes de deuxième classe dans le monde. Traiter le genre comme inhérent à la nature humaine équivaut à accepter un modèle patriarcal comme conception de la société.

GENDER IS LESS

Le genre est moins comme ceci que comme cela…

Le genre est une hiérarchie qui permet aux hommes d’être dominants et conditionne les femmes à l’état de servitude. Comme le genre est un élément fondamental du patriarcat capitaliste de la suprématie blanche (hooks, 1984), je trouve particulièrement déconcertant de voir des éléments du discours queer soutenir que le genre n’est pas seulement inné mais sacro-saint. Loin d’être une alternative radicale au statu quo, le projet de « queerer » le genre, avec son caractère essentialiste, n’a pour effet que de reproduire les normes établies par le patriarcat. Une interprétation queer ne défie pas le patriarcat de manière significative : plutôt que d’encourager les gens à résister aux normes établies par le patriarcat, il leur offre un moyen de s’y rallier. La politique queer a moins contesté les rôles traditionnels de genre qu’elle ne leur a insufflé une nouvelle vie, et c’est là que se trouve le danger.

Soutenir que le genre pourrait ou devrait être « queeré » équivaut à perdre de vue la façon dont le genre fonctionne comme système d’oppression. Les hiérarchies ne peuvent, par définition, être assimilées à une démarche de libération. Les déséquilibres de 1600-Genderbread-Personpouvoir structurels ne peuvent être abolis par une simple subversion : réduire le genre à un enjeu de performativité ou d’identification personnelle nie sa fonction pratique en tant que hiérarchie. Toute idéologie qui ferme grossièrement les yeux sur le rôle du genre comme méthode d’oppression des femmes ne peut pas être qualifiée de féministe. En fait, comme l’idéologie queer reste largement acritique de la disparité de pouvoir qui sous-tend la politique sexuelle, elle est foncièrement anti-femme.

La logique de l’identité de genre est fondamentalement déficiente, puisqu’elle repose sur le principe qui fait du genre une caractéristique innée. Comme les féministes le font valoir depuis des décennies, le genre est socialement construit – il l’est de toutes pièces pour accorder aux hommes la domination sur les femmes. L’éducation des enfants, genrés avant même leur naissance, sert à diviser les sexes en une classe dominante et une classe dominée. Le féminisme reconnaît l’existence du sexe biologique, mais il s’oppose à l’essentialisme, soit l’idée que le sexe dicte qui nous sommes et qui nous pouvons être en tant qu’êtres humains. Le féminisme affirme que notre caractère, nos qualités et notre personnalité ne sont pas définies par le fait d’être hommes ou femmes. À l’inverse, la théorie queer soutient qu’il existe un ensemble de traits intrinsèquement masculin et un autre ensemble de traits intrinsèquement féminin, et que notre identité dépend de la façon dont nous alignons notre vie sur ces caractéristiques.

Au lieu de reconnaître qu’il existe plusieurs façons d’être un homme ou une femme, la théorie queer enferme les gens dans une gamme toujours croissante de catégories organisées selon des stéréotypes. Il n’existe aucune preuve scientifique pour soutenir l’existence d’un « genre du cerveau »; les prétentions quant à l’existence de cerveaux masculin et féminin reflètent une idéologie neurosexiste (Fine, 2010). Pourtant, l’idéologie queer positionne le genre comme une identité innée, en affirmant que le genre est « ce que vous ressentez ».

« Je trouve très difficile de me défaire des menottes d’une vie de conditionnement culturel qui a tenté de me convaincre que le genre est un fait biologique plutôt qu’un construit social. » Louise O’Neill, I Call Myself A Feminist: The View from Twenty-Five Women Under Thirty

Le problème avec l’identité de genre

Malgré son essentialisme, la lecture queer du genre est de plus en plus répandue dans les milieux progressistes et féministes. Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi. L’idéologie du genre reconnaît qu’une distribution binaire des rôles de genre masculin et féminin est restrictive pour les individus. Mais au lieu de préconiser le travail important à abattre pour démanteler la hiérarchie du genre, cette idéologie offre une solution beaucoup plus facile : une clause d’auto-exclusion individuelle qui permet aux gens de faire la paix avec le patriarcat. Adopter l’idéologie du genre équivaut à embrasser un récit d’exceptionnalisme. Adopter l’idéologie du genre est accepter qu’il existe une classe de personnes naturellement adaptées à leur position dans la hiérarchie du genre (soit comme opprimé ou comme oppresseur) en regard d’une autre classe de personnes qui seraient des exceptions aux règles traditionnelles du genre.

Un problème fondamental grève l’idéologie queer du genre. Comme je l’ai expliqué dans un essai précédent, ce problème est la misogynie. Prétendre que certains groupes sont naturellement adaptés au rôle de genre imposé à leur catégorie sexuelle – les personnes qualifiées de « cis » – revient à soutenir la misogynie. Les femmes classées comme « cis », selon la logique de l’identité de genre, seraient intrinsèquement adaptées à être opprimées par les hommes. Tout le système patriarcal se voit ainsi disculpé par l’idéologie du genre, présenté comme un événement naturel plutôt que comme un système d’oppression bâti pour accorder aux hommes la domination sur les femmes.

Comme la politique d’identité queer s’en tient à un récit reflétant une idéologie exceptionnaliste, la dynamique de la politique sexuelle se trouve entièrement passée sous silence. L’artifice linguistique du mot « cis » permet de redéfinir l’oppression des femmes comme un privilège, de sorte que toute libération des femmes « cis » face à l’oppression patriarcale cesse d’être une priorité. La politique sexuelle est mise de côté au profit d’une démarche d’auto-identification, qui rend politiquement invisible l’appartenance de classe sexuelle.

 

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« Tant de genres et pourtant, nous savons encore, magiquement, quelle moitié de la race humaine est censée torcher les derrières et brosser les planchers. » (Victoria Smith, @glosswitch)

Le genre est une prison, et j’ai de la compassion pour toutes les personnes qui s’y trouvent contraintes. Il est odieux que les hommes soient découragés des valeurs d’empathie, de gentillesse et d’expression personnelle créative. Il existe une cruauté réelle dans la socialisation des garçons à la masculinité. Cela étant dit, il faut tout de même examiner le lien entre l’idéologie du genre et l’occultation du privilège masculin.

 

Ce problème est bien illustré par l’exemple de Ben Hopkins, un des membres du duo punk britannique PWR BTTM. Hopkins est biologiquement masculin et, en tant que tel, a été socialisé à la masculinité. Comme beaucoup de personnes célèbres de son sexe, Hopkins a exploité sa renommée et son pouvoir pour violenter sexuellement des fans de sexe féminin. Selon une de ses victimes, Hopkins est un « prédateur sexuel reconnu qui a perpétré de multiples agressions, a intimidé d’autres personnes dans la communauté queer et a fait des avances non désirées à des personnes mineures ». Ce qui est censé différencier Hopkins d’une longue tradition d’agresseurs masculins ayant du pouvoir est qu’il s’identifie comme « genderqueer ».  En tant que tel, une perspective queer soutiendrait que les gestes de Hopkins ne peuvent être considérés comme des violences masculines exercées contre des femmes. L’exceptionnalisme queer manifesté dans la logique de l’identité de genre rend impossible de nommer ou de contester la violence masculine en tant que telle.

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Déclaration d’une survivante affichée sur des médias sociaux: « Hé, avertissement général : Ben de PWR BTTM est un prédateur sexuel reconnu, auteur de plusieurs agressions, etc., et vous devriez éviter d’assister à leurs concerts/boycotter leur musique/ne pas leur donner accès à des espaces sécuritaires. J’ai personnellement vu Ben amorcer des contacts sexuels inappropriés avec des gens malgré plusieurs « Non » et sans avertissement ou consentement, et j’ai entendu au cours des derniers mois plusieurs comptes rendus de Ben disant du mal d’autres artistes queer pour son bénéfice personnel, faisant des avances non désirées à des mineur.e.s même en sachant leur âge et se livrant à des violences psychologiques dans des relations intimes. Presque toutes les victimes de Ben sont queer. »

Les hommes apprennent dès leur naissance qu’ils ont droit au temps des femmes, à l’attention des femmes, à l’amour des femmes, à l’énergie des femmes et aux corps féminins. Pourtant, conformément à la logique de l’idéologie du genre, cette situation est perçue comme malheureuse mais aléatoire, plutôt que comme conséquence normale de la socialisation genrée que reçoivent les hommes dans la société patriarcale. Malgré son identification comme « genderqueer », la violence sexuelle infligée par Hopkins à des femmes ayant beaucoup moins de pouvoir social que lui est parfaitement en phase avec la logique de la masculinité. En quel sens un homme qui exerce le comportement le plus toxique enraciné dans la masculinité peut-il prétendre queerer le genre ou y résister?

Comme ses actions en témoignent manifestement, Hopkins n’a pas consciemment désappris sa socialisation masculine ou son droit d’accès aux corps féminins. La façon dont il choisit de s’identifier a peu d’incidence sur la sombre réalité de la situation. Pourtant, en revendiquant le label de « genderqueer », Hopkins a tenté d’effacer le privilège masculin dont il a continué à bénéficier. Dans un texte rédigé pour le blog Feminist Current, Jen Izaakson énonce clairement le paradoxe de sa prétention de queerer le genre :

« … Hopkins s’est servi de glitter, d’eye-liner et de robes vintage pour démontrer sa compréhension et son adhésion aux idéaux queer, pour illustrer un rejet de la « masculinité toxique » et des normes de genre socialement prescrites aux hommes. Mais porter des robes à fleurs et du lip gloss ne mène pas nécessairement à un rejet réel du privilège et de la prédominance dont disposent les hommes en régime patriarcal. En mettant l’accent sur des identités auto-définies, sur l’expression individuelle et sur la performativité, au lieu d’examiner la violence masculine et les systèmes de pouvoir inégaux, le discours queer a ouvert tout grand la porte à la misogynie. »

De façon semblable, la trans-activiste Cherno Biko (née homme) a ouvertement confessé avoir violé un transhomme (né femme) avec le fantasme et l’intention de l’engrosser contre son gré. Malgré son aveu public de cette agression sexuelle, Biko a pu prendre la parole sur la tribune de la Marche des femmes à Washington et a co-présidé le Conseil consultatif des jeunes femmes pour la ville de New York. Cela soulève des questions, non seulement sur l’apparente absence de prise en compte des agressions sexuelles dans les espaces féministes, mais aussi sur la mesure dans laquelle les mouvements politiques progressifs sont prêts à fermer les yeux sur des cas de violence envers des femmes si l’agresseur s’identifie comme transgenre ou « genderqueer ».

Les actes de violence commis contre les femmes sont à la fois une cause et une conséquence du patriarcat, et ils sont normalisés par la logique du genre. L’idéologie du genre ne tient pas compte de la disparité de pouvoir de la politique sexuelle – une hiérarchie instituée par le genre lui-même – et considère le genre comme une simple question d’auto-identification. La perspective queer s’en tient délibérément à un traitement individuel de l’enjeu identitaire afin de dépolitiser le genre, évitant ainsi des questions ardues sur le pouvoir et le patriarcat.

On nous dit que le genre est une question profondément personnelle et qui donc, comme tous les bons libéraux le savent, ne doit pas être scrutée. Pourtant, la recherche démontre que les transfemmes « conservent un modèle masculin en matière de criminalité après une chirurgie de réaffectation sexuelle » et que « la même chose est vraie en ce qui concerne les crimes avec violence ». Étant donné qu’une femme sur trois subira de la violence masculine au cours de sa vie, cette question n’est pas anodine : 96 % des auteurs de violences sexuelles sont de sexe biologique masculin. La sécurité des femmes et des filles n’est jamais un prix acceptable à payer, même pas au nom de l’inclusion. La socialisation masculine joue un rôle démontrable dans le façonnement des attitudes et des comportements – si nous les femmes ne pouvons pas nommer la violence que nous vivons ou identifier le système qui la permet, nous ne pouvons pas les défier.

« Quand Simone de Beauvoir a écrit qu’une fille ne naît pas femme mais le devient, elle ne voulait pas dire qu’un individu né dans le sexe masculin, socialisé dans les attentes propres au genre masculin, pouvait simplement décider de prendre des hormones et peut-être de subir une chirurgie et de « devenir femme ». » Dame Jenni Murray

Dans l’optique de l’identité de genre, l’oppresseur peut se défaire de son privilège masculin et revendiquer le statut d’opprimé. Dans l’optique de l’identité de genre, les opprimées peuvent également rejeter les bases de leur oppression au moyen d’une auto-identification. L’idéologie du genre vise à réorienter une hiérarchie en termes d’identité. Malheureusement, on ne peut pas échapper par simple choix à une oppression de nature structurelle et systématique – même si le discours queer présente cela comme une voie légitime pour les femmes. L’homme constitue la norme par défaut de l’humanité, la femme étant reléguée au statut d’ « Autre » – uniquement définie par rapport aux hommes (Beauvoir, 1949). Pas étonnant qu’un nombre croissant de femmes, insatisfaites des limitations imposées par le rôle de genre féminin et conscientes que s’autoactualiser permet de dépasser le stéréotype creux de la féminité, cessent de s’identifier en tant que femmes.

Mais au lieu d’identifier le rôle de genre féminin comme le problème et de travailler à démanteler la hiérarchie du genre, les femmes sont encouragées à cesser de s’identifier en tant que telles si elles se comportent ou se sentent comme de véritables êtres humains. En présentant une pleine humanité et la féminité comme mutuellement exclusives, l’idéologie du genre invite les femmes à participer à un jeu traditionnel : Je-Ne-Suis-Pas-Comme-Les-Autres-Filles-Version-queer .

Il est compréhensible que les femmes soient impatientes d’échapper au rôle de genre féminin féminin; en fait, la libération des femmes face à la hiérarchie du genre est un objectif de base du féminisme. Mais le mouvement féministe préconise la libération de toutes les femmes de toutes les formes d’oppression, et pas simplement la libération de celles qui critiquent leur oppression individuelle par le genre – celles qui « n’aspirent à aucun type de féminité ».

Queerer le genre nourrit l’homophobie

gay-liberation Malgré tout ce qui se dit sur une « communauté queer », alliance prétendue entre les personnes LGBT +, l’homophobie a toujours été centrale à la politique queer. En effet, l’idéologie queer a émergé comme mouvement de ressac opposé aux principes féministes lesbiens, qui préconisaient un changement social radical par la transformation des vies individuelles (Jeffreys, 2003). Les intérêts politiques des femmes lesbiennes et des hommes gais marginalisés, à commencer par l’abolition des rôles de genre, ont été rejetés dans les milieux queer. L’individualisme interdisait tout accent particulier sur les politiques de libération féministe et gay, que le discours queer commença à décrire comme démodées, ternes ou anti-sexe.

Ces dernières années, cette dérision s’est accélérée pour devenir un sentiment ouvertement anti-gay. Les tentatives d’effacement des femmes lesbiennes et homosexuelles sont aujourd’hui pratique courante dans les milieux queer. Dans un billet d’opinion posant la question à savoir si l’identité lesbienne peut « survivre à la révolution du genre », Shannon Keating affirme que les sexualités lesbiennes et gays sont obsolètes :

« En regard du contexte de plus en plus coloré de la diversité de genre, un label binaire comme ‘gay’ ou ‘lesbien’ commence à sembler plutôt dépassé et lourd. Quand il y a autant de genres sur la carte, est-ce être fermé d’esprit – ou, pire, oppressif et exclusionnaire – de s’identifier à une étiquette qui implique que seul un genre vous attire? »

Il existe une souche persistante d’homophobie dans l’idéologie du genre. Elle se manifeste aussi régulièrement parce que cette homophobie est intégrée à la politique queer du genre. L’attraction aux personnes de même sexe est constamment présentée comme problématique du fait de reconnaître à la fois l’existence du sexe biologique et sa signification dans la détermination du potentiel d’attraction – ce qui contredit la prétention selon laquelle c’est le genre, et non le sexe, qui constitue l’étalon identitaire déterminant.

Plus tôt cette année, Juno Dawson, qui a signé le livre The Gender Games, a affirmé que l’homosexualité masculine n’était qu’un « prix de consolation » pour les hommes qui ne sont pas prêts à opter pour une vie de transféminité. Avant sa propre transition, Dawson a vécu et aimé en tant qu’homme gay; il est donc particulièrement troublant de le voir proclamer que l’homosexualité est moins digne de respect et de reconnaissance comme orientation légitime. Il a dépeint la vie en tant qu’homme homosexuel comme une alternative inférieure, un substitut déficient à une transféminité réprimée. Lorsque des gays et des lesbiennes ont protesté contre cette homophobie, Dawson a présenté une non-excuse qui a rappelé une vérité cruciale en matière d’identité de genre et de sexualité : « Beaucoup d’hommes et de femmes trans ont vécu auparavant comme gays ou lesbiennes avant leur transition, a-t-il dit, alors je pense que c’est un enjeu vraiment important à discuter … »

Il est tout à fait réactionnaire de soutenir que les gays sont, au fond, des femmes insatisfaites. Selon cette logique, seule la masculinité la plus straight et la plus toxique est authentiquement masculine. Et si les gays sont réellement des transfemmes straight, alors il n’existe pas d’hommes homosexuels. L’homosexualité se trouve ainsi « guérie » – un programme politique qui a longtemps appartenu aux conservateurs sociaux, mais que l’on peut maintenant retrouver dans l’idéologie queer. Et ce n’est pas un hasard si beaucoup de ceux qui choisissent de subir une transition chirurgicale ou médicale sont des gays ou des lesbiennes qui, au début de leur processus de transition, vivent en hétérosexuels. En Iran, où les relations homosexuelles sont punissables de mort, les clercs intégristes sont les premiers à « accepter l’idée qu’une personne puisse être piégée dans un corps qui est du mauvais sexe ».

L’idéologie du genre est fondamentalement conservatrice. Elle repose sur l’hypothèse voulant que les rôles de genre soient absolus et que les personnes qui s’écartent du rôle de genre attribué à leur sexe doivent appartenir à une autre catégorie. Les lesbiennes et les gays défient les rôles de genre simplement en aimant quelqu’un du même sexe, en s’écartant des schémas de domination hétéro-patriarcale pour créer une politique sexuelle d’égalité. Si une transition nous conduit à l’hétérosexualité, en conformité avec les rôles de genre, on nous amène en fait à nous conformer aux rôles de genre tracés par le patriarcat.

Personne ne naît dans le mauvais corps. Un corps ne peut, par définition, être le mauvais. Le système de genre, par contre, est mauvais d’une foule de manières. Le fait de problématiser les corps comme contraires à une hiérarchie qui les limite ne fait que reproduire l’idéologie destructive qui est au cœur du patriarcat. C’est une approche contradictoire à une politique de libération, et elle est, au mieux, malavisée et, au pire, complice avec le patriarcat.

Conclusion

La critique de l’idéologie du genre est fortement déconseillée. Je soupçonne que c’est parce que plus on explore la perspective queer du genre, plus sa misogynie et son homophobie deviennent apparentes. Une fois que le vernis progressiste commence à se fissurer – quand il devient évident que l’idéologie du genre est au mieux complaisante au sujet du patriarcat et des torts que celui-ci inflige aux femmes – la politique queer devient beaucoup plus difficile à vendre à la population en général.

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MERDE AUX RÔLES DE GENRE

Ainsi, les féministes qui osent remettre en question l’idéologie du genre sont qualifiées de bigotes et ces critiques, et les femmes assez courageuses pour les faire, sont jugées illégitimes. Les femmes qui contestent l’idéologie du genre sont ridiculisées en tant que « TERF » – on nous répète constamment que leur seul motif de critiquer le genre est une malveillance, plutôt qu’une préoccupation réelle pour le bien-être des femmes et des filles. Ce à quoi je réponds par les mots de Mary Shelley : « Attention; car je suis intrépide, et donc puissante. » Toute tentative de décourager les femmes de s’en prendre à notre oppression devient profondément suspecte à mes yeux.

L’idéologie du genre crée une fausse dichotomie entre d’une part des personnes liées de façon innée aux rôles de genre traditionnels et, d’autre part, quelques rares exceptions qui ne le sont pas. La politique de genre est l’exemple le plus élaboré et le plus dangereux d’utiliser les outils du maître pour démanteler la maison du maître. Pourquoi queerer le genre lorsque nous pouvons l’abolir? Pourquoi gaspiller de l’énergie en essayant de subvertir une pratique oppressive lorsque nous pourrions l’éliminer complètement?

La femme est une classe de sexe – rien de plus, rien de moins. L’homme est une classe de sexe – rien de plus, rien de moins. Prétendre que l’ampleur de notre identité est fixée par le rôle de genre imposé à notre classe de sexe équivaut à légitimer le projet de patriarcat. En tant que féministe, en tant que femme, je rejette la politique queer et l’idéologie de genre qu’elle préconise. Au lieu de cela, je prétends que les femmes et les hommes qui vivent en dehors du scénario établi par le genre – que ce soit en versions queer ou patriarcale – devraient faire figure de révolutionnaires. Ce n’est que par l’abolition du genre que nous pourrons réaliser une véritable libération.


Bibliographie

Simone de Beauvoir. (1949). Le Deuxième sexe.

Cordelia Fine. (2010). Delusions of Gender: How Our Minds, Society, and Neurosexism Create Difference.

Lynne Harne & Elaine Miller (eds.). (1996). All the Rage: Reasserting Radical Lesbian Feminism.

bell hooks. (1984). De la marge au centre: Théorie féministe.

Sheila Jeffreys. (2003). Unpacking Queer Politics.

Audre Lorde. (1984). Sister Outsider: Essais et propos d’Audre Lorde.

Cherríe Moraga & Gloria E. Anzaldúa (eds.). (1981). This Bridge Called My Back: Writings by Radical Women of Color.

Bonnie J. Morris. (2016). The Disappearing L: Erasure of Lesbian Spaces and Culture.

Victoria Pepe (ed.). (2015). I Call Myself A Feminist: The View from Twenty-Five Women Under Thirty.

Rebecca Reilly-Cooper. More Radical with Age.


Translation originally posted here.

Original text initially posted here.

À propos de notre disparition: réflexions sur l’effacement des lesbiennes

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C’est une époque étrange où être une jeune lesbienne. Eh bien, assez jeune. Durant le temps qu’il m’a fallu pour évoluer du stade d’apprentie baby dyke à celui de lesbienne complètement formée, la tension entre la politique d’identité queer et la libération des femmes est devenue tout à fait insupportable. Facebook a ajouté le drapeau de la fierté gaie à ses emojis de réactions le même mois où ils ont commencé à bannir des lesbiennes pour s’être identifiées comme dykes. À mesure que sont progressivement normalisés la législation sur le mariage pour tous et les droits d’adoption de conjoints du même sexe, on voit le droit des femmes lesbiennes à s’auto-définir et à tracer leurs limites sexuelles être sapé au sein même de la communauté LBGT+. Si de telles contradictions sont caractéristiques de l’époque actuelle, cela ne les rend pas plus faciles à vivre au jour le jour.

L’amour est l’amour, à moins que vous vous trouviez à être une lesbienne, auquel cas love-is-lovevotre sexualité sera déconstruite implacablement parce que soupçonnée de faire preuve d’ »exclusion ». Comme je l’ai écrit dans un texte précédent, toute sexualité est par définition exclusive. La sexualité est un ensemble de paramètres qui régissent les caractéristiques auxquelles nous sommes potentiellement attirées chez les autres. Pour les lesbiennes, c’est la présence de caractéristiques sexuelles féminines primaires et secondaires qui créent (mais ne garantissent pas) la possibilité d’une attirance. C’est le sexe et non le genre (ni même l’identité de genre) qui est le facteur clé. Mais dans un contexte queer, comme dans la société patriarcale traditionnelle, le mot lesbienne devient une étiquette litigieuse.

Les lesbiennes sont plutôt encouragées à se décrire comme queer, un terme si vaste et si nébuleux qu’il en devient dépourvu de sens particulier, en ce sens qu’aucune personne munie d’un pénis n’est perçue comme étant entièrement au dehors de nos frontières sexuelles. Jocelyn MacDonald décrit bien cette situation :

« Les lesbiennes sont des femmes et on enseigne aux femmes que nous sommes censées être sexuellement disponibles comme objets de consommation publique. Nous passons donc beaucoup de temps à dire « Non ». Non, nous ne baiserons pas des hommes ni ne nous associerons pas à eux ; non, nous ne changerons pas d’avis à ce sujet ; non, notre corps est un no man’s land. Que nous soyons lesbiennes, hétéro ou bisexuelles, nous les femmes sommes punies chaque fois que nous essayons d’affirmer une frontière. Le queer comme expression indéfinie rend vraiment difficile pour les lesbiennes d’affirmer et de maintenir cette limite, car il rend impossible de nommer cette frontière. »

À une époque où la simple reconnaissance du sexe biologique est traitée comme un acte d’intolérance, l’homosexualité est automatiquement problématisée – et les conséquences imprévues de la politique d’identité queer s’avèrent de très grande envergure. Ou plutôt, il serait plus exact de dire que c’est la sexualité des lesbiennes qui est rendue problématique : l’idée de femmes réservant exclusivement nos désirs et nos énergies l’une pour l’autre demeure suspecte. Étrangement, le modèle des hommes qui placent d’autres hommes au centre de leur vie ne subit jamais la même réaction hostile. Ce sont les lesbiennes qui constituent une menace pour le statu quo, qu’il s’agisse de l’hétéropatriarcat ou de la culture queer. Lorsque les lesbiennes rejettent l’idée de prendre un partenaire muni d’un pénis, on nous qualifie de « fétichistes du vagin » et de « gynéphiles » – puisque la sexualité lesbienne est systématiquement qualifiée de pathologique dans le discours queer, tout comme la sexualité lesbienne est traitée comme pathologique par le conservatisme social. Je ne trouve donc pas surprenant que tant de jeunes femmes succombent à la pression sociale et abandonnent le terme de « lesbienne » au profit de celui de « queer ». L’effacement est le prix de l’acceptation.

« Ce n’est pas un secret que la peur et la haine des homosexuels imprègnent notre société. Mais le mépris pour les lesbiennes est distinct. Il est directement enraciné dans l’horreur éprouvée envers la femme qui se définit, se détermine, la femme qui n’est pas contrôlée par le besoins, les ordres ou la manipulation des hommes. Le mépris envers les lesbiennes est le plus souvent une répudiation politique des femmes qui s’organisent en leur propre nom pour acquérir une présence publique, un pouvoir significatif, une intégrité visible.

Les ennemis des femmes, ceux qui sont déterminés à nous nier la liberté et la dignité, utilisent le mot « lesbiennes » pour attiser une haine de femmes qui refusent de se conformer. Cette haine retentit partout. Cette haine est soutenue et exprimée par pratiquement toutes les institutions. Lorsque le pouvoir masculin est remis en question, cette haine peut être intensifiée et enflammée au point de la rendre volatile, palpable. La menace est que cette haine va exploser sous forme de violence. La menace est omniprésente car la violence faite aux femmes est applaudie culturellement. De sorte que le mot « lesbiennes », lancé ou chuchoté comme accusation, sert à concentrer l’hostilité masculine sur les femmes qui osent se révolter, et il sert également à effrayer et intimider les femmes qui ne se sont pas encore révoltées. » (Andrea Dworkin, « Words », publié dans Letters from a War Zone)

À en croire la politique d’identité queer, le fait que des femmes biologiques soient exclusivement intéressées à se lier à d’autres femmes serait un signe d’intolérance. Ne gaspillons pas de paragraphes en équivoque. Ce monde contient bien suffisamment de silences sur la question du genre, et ce sont toujours les femmes qui paient le prix le plus élevé pour ces silences – dans ce cas-ci, les femmes qui aiment d’autres femmes. Et donc je vais parler clairement : la raison pour laquelle la politique queer qualifie de « transphobes » les lesbiennes qui nient catégoriquement la possibilité de prendre un partenaire muni d’un pénis est parce que cette position ne comprend pas les transfemmes dans la sphère du désir lesbien. Quant à la lesbophobie inhérente à la réduction de la sexualité lesbienne à un simple facteur de validation, elle ne suscite, bien sûr, aucune objection.

Pourtant, la sexualité lesbienne n’exclut pas nécessairement les personnes qui s’identifient comme trans. La sexualité lesbienne peut s’étendre à des personnes biologiquement féminines qui s’identifient comme non binaires ou genderqueer. La sexualité lesbienne peut s’étendre à des personnes biologiquement féminines qui s’identifient comme transhommes. Comme une proportion relativement élevée de transhommes auto-identifiées vivaient comme lesbiennes butch avant leur transition, il n’est pas inusité que des transhommes fassent partie de relations lesbiennes.

Où se situe la frontière entre une lesbienne butch et une transhomme ? Au cours de ses réflexions sur la vie lesbiennes, Roey Thorpe note que « … il y a toujours quelqu’un qui pose la question : ‘Où sont passées toutes les butchs ?’ » La réponse courte est : du côté de la transmasculinité (et la réponse longue appelle un billet à elle seule). À quel point dans le spectre de l’identité est-ce que finit la butch et commence la transhomme ?

cover The Argonauts

Cette frontière est amorphe, mais Maggie Nelson tente avec imagination de la tracer dans The Argonauts. Son amante, l’artiste Harry Dodge, est décrite par Nelson comme une « butch débonnaire sous testostérone ». Aux yeux de Nelson, « la seule similarité que j’aie remarquée dans mes relations avec des femmes n’est pas l’uniformité de la Femme, et certainement pas l’uniformité des parties. C’est plutôt la compréhension partagée et écrasante de ce que signifie vivre en régime patriarcal. » Dodge affiche un genre fluide et une présentation masculine. La testostérone et la mastectomie ne suppriment pas une compréhension de ce qu’est que d’être située, dans ce monde, en tant que femme. Ces vérités coexistent.

L’idée que les lesbiennes sont transphobes parce que nos frontières sexuelles ne s’étendent pas jusqu’à accueillir le pénis est aussi fallacieuse que phallocentrique. Et la pression exercée sur les lesbiennes pour leur faire déplacer ces frontières est franchement terrifiante ; elle repose sur un sentiment de droit envers les corps des femmes, un droit qui fait partie du patriarcat et qui se reproduit maintenant dans l’espace queer. Il faut rappeler que les lesbiennes n’existent pas comme simples objets sexuels ou facteurs de validation, mais comme êtres humains auto-actualisés ayant leurs propres désirs et frontières.

Parler de politique queer avec des amis gays de mon âge est une expérience révélatrice. Ces conversations me rappellent deux choses : avec les hommes, « non » est accepté comme mot de la fin. Avec les femmes, le mot non est traité comme l’amorce d’une négociation. La plupart des gays que je connais sont tour à tour horrifiés et amusés par l’idée que les paramètres de leur sexualité pourraient ou devraient être modifiés par les prescriptions de la politique queer. Certains (chanceux dans leur ignorance) ne connaissent pas le labyrinthe de la théorie queer. D’autres (les nouveaux initiés) sont, sans surprise, résistants à la problématisation queer de leur homosexualité. L’un d’entre eux est même allé jusqu’à suggérer que les gays, les lesbiennes et les bisexuels devraient rompre avec la soupe alphabet de la politique queer et s’organiser spontanément en fonction de critères sexuels. Compte tenu qu’une foule de dykes ont été ciblées comme TERFs dans cette nouvelle chasse aux sorcières pour avoir lancé la même suggestion, j’ai trouvé à la fois encourageant et déprimant d’entendre un homme extérieur au féminisme radical exprimer les mêmes opinions sans crainte de censure.

Je suis heureuse de dire qu’aucun des gays que j’appelle mes amis n’a opté pour ce qu’on pourrait appeler la stratégie Owen Jones : celle de rejeter comme intolérantes les préoccupations des lesbiennes dans l’espoir de se mériter de savoureux biscuits à décoration arc-en-ciel pour alliés fiables. La tendance des hommes de gauche à miser sur la misogynie pour mousser leur réputation est une histoire aussi ancienne que le patriarcat. Que cela se produise dans le contexte de la communauté queer n’est pas surprenant, car cette culture est dominée par des hommes.

La communauté queer peut finalement s’avérer aliénante pour les lesbiennes. Même si j’ai participé à des espaces queerau moment de mon coming-out, je me suis de plus en plus éloignée de ce contexte au fil du temps. Je ne suis nullement seule en cela : beaucoup de lesbiennes de mon groupe d’âge sont conscientes d’être effacées et repoussées dans les milieux queer, auxquels on nous dit pourtant que nous sommes censées appartenir. Ce ne sont pas seulement les lesbiennes plus âgées qui résistent à la politique queer, même si Dieu sait qu’elles nous ont prévenues de sa misogynie. Mon seul regret est de ne pas avoir prêté l’oreille plus tôt, d’avoir gaspillé beaucoup de temps et d’énergie à essayer de combler le fossé idéologique entre les féminismes queer et radical.

Le discours queer utilise ce qui ressemble à la tactique de la carotte et du bâton pour amener les jeunes lesbiennes à se conformer : nous pouvons soit embrasser le queer et trouver un sentiment d’appartenance, soit demeurer des outsiders sans rapport, à l’instar de vieilles lesbiennes ringardes. Cette approche, lourde d’âgisme et de misogynie, a échoué à me dissuader : je crois qu’il n’y a rien que je voudrais être autant qu’une lesbienne plus âgée, et il est formidable de savoir que c’est l’avenir qui m’attend. La profondeur des réflexions que m’adressent les lesbiennes âgées, leur façon de me mettre au défi et de me guider dans ma prise de conscience féministe, joue un rôle essentiel en façonnant à la fois mon sentiment du monde et la façon dont j’y comprends ma place. Si j’ai vraiment de la chance, j’aurai un jour ces conversations aériennes (et, parfois, intellectuellement éprouvantes) avec des générations futures de baby dykes.

Bien que j’apprécie le soutien et la sororité des lesbiennes plus âgées (de loin ma préférée parmi les catégories démographiques d’êtres humains), je dois dire qu’à certains égards, j’envie la relative simplicité de ce qu’était la vie des lesbiennes pendant les années 70 et 80. Pourquoi ? Parce qu’elles ont vécu des vies lesbiennes avant que la politique queer ne devienne généralisée. Je ne dis pas cela à la légère, ni pour laisser entendre que le passé a été une sorte d’utopie pour les droits des gais et des lesbiennes. Ce n’était pas le cas. Leurs générations ont connu l’article 28 (qui bannissait la promotion à l’école de l’homosexualité comme normale), alors que la mienne a obtenu le mariage pour tous. Les gains dont bénéficie ma génération sont le produit direct de leur lutte. Pourtant, elles ont pu vivre au moins une partie de leur vie à une époque où, de tous les prétextes pour lesquels le mot lesbienne rencontrait du dégoût, l’accusation d’être « trop exclusionnaire » ne faisait pas partie de la liste. Il n’y avait pas d’incitation, dans un contexte féministe ou gay, à « queerer » la sexualité lesbienne.

Certaines choses n’ont tout de même pas beaucoup changé. La sexualité des lesbiennes est encore régulièrement dépréciée. Les dykes lesbiennes servent encore de faire-valoir aux femmes qui disent « Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas ce genre de féministe… » Mais aujourd’hui, lorsque je vérifie mes messages reçus sur Twitter, cela me prend vraiment un moment pour déterminer si mon identité lesbienne a offensé quelqu’un de la droite alt-right ou de la gauche queer. La distinction est-elle vraiment significative ? La lesbophobie emprunte le même format. La haine des femmes est identique.

There will be no revolution

Au moment des défilés de la Fierté gaie, on a vu circuler sur les médias sociaux, l’image d’un transfemme souriant, portant un t-shirt ensanglanté où l’on pouvait lire « I punch TERFs ». Cette image avait pour titre « Voici à quoi ressemble la libération gay ». Cette prétention est particulièrement douteuse, dans la mesure où celles d’entre nous qui vivons à l’intersection de l’identité homosexuelle et de la féminité, les lesbiennes, sont souvent qualifiées de TERF pour la seule raison de notre sexualité. Comme nous vivons dans un monde où une femme sur trois subit des violences physiques ou sexuelles au cours de sa vie, je ne peux trouver cette image amusante – il n’y a rien de révolutionnaire ou de contre-culturel à faire une blague sur le fait de frapper des femmes. C’est un endossement irréfléchi de la violence anti-femmes, présentée comme un objectif de la politique de libération. Et nous savons tous que les TERF sont des femmes, car les hommes qui font respecter leurs limites sont rarement soumis à ce genre de vitriol. Bien sûr, le fait de souligner cette misogynie entraîne un nouveau déluge de misogynie.

Il y a une réplique à la mode réservée aux féministes qui critiquent les politiques sexuelles liées à l’identité de genre, une réplique qui rappelle davantage des adolescents agressifs que quelque véritable politique de résistance. C’est « Suck my girldick » (Suce ma bite de fille). Ou, si leur malice tente de se parer d’originalité, « étouffe-toi avec ma bite de fille ». Se faire dire de s’étouffer avec une bite de fille n’est pas ressenti comme différent d’être invitée à s’étouffer avec une bite classique, mas cette insulte est presque devenue une figure obligée des propos sur le genre affichés dans le réseau Twitter. L’acte reste le même. La misogynie reste la même. Et il est révélateur que, dans ce scénario, la gratification sexuelle découle d’un acte qui bâillonne littéralement les femmes.

 

Un vers célèbre de Roméo et Juliette de Shakespeare proclame que « ce que nous appelons une rose embaumerait autant sous un autre nom ». En gardant cela à l’esprit (car il y a beaucoup plus de tragédie que de romance dans la présente situation), je prétends que même sous un autre nom, un pénis serait sexuellement repoussant pour des lesbiennes. Et c’est très bien. Le désintérêt sexuel n’équivaut pas à une discrimination, une oppression ou une marginalisation. Par contre, le droit d’accès sexuel que veulent s’arroger certains a précisément ces effets : il joue un rôle fondamental dans l’oppression des femmes et se manifeste clairement dans la culture du viol. La perspective queer ne laisse pas place à des discussions de la misogynie qui autorise certains à se juger en droit d’accéder aux corps de lesbiennes. La moindre reconnaissance du problème est tout de suite jugée outrancière ; par conséquent, la misogynie se voit protégée par des couches et des couches de silence.

Ce n’est pas une époque géniale pour être lesbienne. La réticence de la politique queer à simplement accepter la sexualité lesbienne comme valide à part entière est profondément marginalisante; elle va parfois jusqu’à considérer le désir de faire l’amour comme plus valide que le droit de s’y refuser. Et pourtant, la connexion lesbienne tient bon, comme elle l’a toujours fait. Les relations lesbiennes continuent de nous nourrir, tout en offrant une alternative radicale à l’hétéropatriarcat. Ce n’est pas parce que cette alternative n’est pas particulièrement visible en ce moment, parce qu’elle n’a pas la popularité répandue (c’est-à-dire patriarcale) de la culture queer, que cela signifie qu’elle n’existe pas. Les lesbiennes sont partout – cela ne changera pas.

Nolite te bastardes carborundorum. (Ne laisse pas les salauds te réduire en poussière)


Bibliographie

Margaret Atwood. (1985). La Servante écarlate

Andrea Dworkin. (1978). « Words », dans The Andrea Dworkin Online Library

Cherríe Moraga. (2009). Still Loving in the (Still) War Years : On Keeping Queer Queer

Maggie Nelson. (2015). The Argonauts

Adrienne Rich. (1976). Naître d’une femme : la maternité comme expérience et institution


Translation originally posted here.

Original text initially posted here.

‘Punch a TERF’ Rhetoric Encourages Violence Against Women

A brief foreword. This is the sixth of my essays on sex, gender, and sexuality. (Parts 1, 2, 3, 4, and 5 available here.) I suspect it’s also the least polished, as I was shaken by the assault of Maria MacLachlan and wrote this to work through my thoughts, but it was written from a place of truth.


My grandmother is a brilliant woman. She is clever, compassionate, and unfailingly kind. She is selfless, generous with her time, and loyal to those she loves. I have lived with my grandmother since birth – during childhood she read me Swallows and Amazons at night, sat by the pool during my swimming lessons, and took me to the cinema to see Harry Potter and the Philosopher’s Stone – the film which opened my eyes to the magic of cinema as a child. Nana also sat through Shrek and, with thinly-veiled disgust, Shrek 2. If that’s not love, what is? My grandmother and I have always been close. Since my grandfather died last year, and it has been just the two of us in the house, we have grown closer still – we live like what I’d describe as an infinitely more interesting version of the Gilmour Girls.

I’ve also noticed that my grandmother has grown a bit more radical in that time. She has stopped trying to convince me that men have their uses, which she often did after I came out to her as lesbian. She now has faith in my ability to do what were once considered “man jobs”, like building furniture or running heavy things to the dump. She will readily call racism by its name is and receptive to having racism pointed out. She has identified an abusive relationship and asked me for the relevant details about shelters to pass on and how best to support the woman in question as she left the relationship – I’m very proud of her for that.

My grandmother is also pro-life. She does not believe that abortion is legitimate or morally acceptable. She’s a committed Catholic and gets letters from SPUC every so often. I once joked to her that with my advocacy of abortion and her opposition to it, the output from our household basically cancelled itself out. It’s quite strange to think that Nana is roughly the same age as Angela Davis. I used to reason that, being of a different generation, it was to be expected that she held those views. But then, especially as I grew familiar with feminists who were active during the Women’s Liberation Movement and read more feminist books from the ‘60s and ‘70s, it seemed ridiculous to reduce her politics to a matter of age. Either way, I don’t agree with Nana about abortion. She certainly doesn’t agree with me. But we love each other very much and that disagreement – the most fundamental disagreement in our relationship – doesn’t alter the fact we’re ride or die.

what_is_gender_flyerOn our way out this afternoon, she gently pointed out that I seemed a bit down. My depression has been severe this year, and I know Nana worries. At first I didn’t say much. But months of therapy have made it substantially easier to divine the root cause of a problem. I told her that a 60 year old woman was beaten yesterday in London – that Maria MacLachlan was punched and choked for going to a talk about the Gender Recognition Act. I explained that the original venue, New Cross Learning, had backed out after being harassed into cancelling – the intensity of protest had the library worried about safety of staff, volunteers, and those accessing the community space. I briefly outlined the schism between a queer and a radical feminist understanding of gender. Mostly, I told Nana that I felt heartsick that a woman had been beaten.

Nana didn’t ask if I knew the woman in question, and I loved her for that – for getting that a woman being assaulted, any woman being hurt, was painful to hear of. What she did ask is if the police caught those behind the attack, if feminist women were challenging it. The mechanics of digital media are as much a mystery to Nana as her daily Sudoku puzzles are to me, but she sees me glued to my phone all day long and understands enough to know that if women gather our energies to make a fuss over injustice then something will come of it. And I told her the truth, a truth that left me even more heartsick: not exactly. There are women who have rallied, and there are women who have looked the other way.


And my Nana said what dozens and dozens of seasoned feminists lack the courage to say: that the attackers were brutes. She asked what sort of horrible, small-minded person would deliberately hurt a woman in her sixties.

For a split-second I wondered what the response to describing those behind the attack as ‘horrible’ or ‘brutes’ would be on Twitter. TERF, obviously – that’s trans-exclusionary radical feminist, for the uninitiated. Maybe Nazi. (More and more, I’ve noticed radical feminists who are lesbian described as Nazi – without the slightest recognition that lesbian women were persecuted, rounded up as “asocials” for their refusal to produce blonde-haired blue-eyed babies, and killed by the Nazi regime.) And then I knew, as is so often the case, that my grandmother was right. They are horrible. They are brutes.

The footage is difficult to watch. A group of women gathered at the Speaker’s Corner in Hyde Park, where they had arranged to meet before moving on to the venue – which had

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“NO TERFS ON OUR TURF!” Shared by Sisters Uncut

been kept secret owing to the risk involved. The protest – organised by Action for Trans Health London, Sisters Uncut, and Goldsmiths LGBTQ+ Society – is in full swing. There’s a lot of shouting. The atmosphere is febrile. Amidst the clusters of people, Maria MacLachlan holds a camera to document the proceedings. She is set upon by someone substantially bigger than her. Two more attackers join in after MacLachlan pulls down her assailant’s hood so that they may be identified, as though the beating of a sixty year old woman is too great an undertaking for one man alone. MacLachlan gave her account of her assault to Feminist Current:

[She] had been trying to film the protest when some of the trans activists began to shout, “When TERFs attack, we fight back.” She asked them, “Who’s attacking?” At this point, MacLachlan says a young man in a hoodie tried to grab her camera. “I think he knocked it out of my hand but it was looped to my wrist. He turned back and tried to grab it again. I hung onto it.” As the two struggled, MacLachlan pulled back the hood of the man holding her camera, so onlookers could photograph his face, and another man ran over and began punching MacLachlan. Wood and a third man pushed her to the ground, where she says she was kicked and punched.

The whole incident is disturbing. There is a long history of violence being used to discourage women from collectively organising, and the assault of Maria MacLachlan FB_IMG_1505469664006opens the latest chapter of a story called patriarchy. Both the violence and the context that enabled it to happen must be scrutinised.

How have we reached a point where beating a 60 year old woman can be credited to the politics of liberation? How have we reached a point where feminists can ignore that a 60 year old woman was beaten? How have we reached a point where some self-proclaimed feminists read about this assault and questioned whether a woman was lying about violence, if it really happened, or – if it did happen – she provoked the attack? The silence and disbelief of other women, women who call themselves feminist, is like salt in a wound. Our whole movement is built around the belief that no woman should be subject to violence, and that those women who do experience violence are fully deserving of our support.

The deeper we go into feminist politics and spaces – especially digital feminist spaces – the easier it becomes to forget about certain realities of feminist struggle. The gap between ideas and reality, between the theory being developed and the everyday unfolding of women’s lives, grows until something vital is lost through the cracks of that in-between space. I don’t think it’s a coincidence that queer politics and gender ideology have flourished in the internet age; when so much of our lives are lived online, it is easier to lose focus on the significance of material reality.

While it is certainly shocking that Maria MacLachlan was beaten by trans activists, it was not altogether unpredictable. Last year a transwoman called Dana Rivers murdered an interracial lesbian couple and their son. Not long before committing triple homicide, Rivers protested the Michigan Womyn’s Music Festival on the grounds that it was trans-exclusionary. For the last few years, a steady flow of violent rhetoric has been levelled against women, in particular lesbians – much of it from self-identified feminists. Kill all TERFs. Punch all TERFs. Knife a TERF. Burn a TERF. Rivers shot and stabbed the Wright family before setting fire to their house, violence that is mirrored by the language directed towards the women denounced as TERFs. The violence trans activists and allies enacted when Vancouver Women’s Library launched was similarly normalised by misogynistic, abusive language. Given that “punch a TERF” has become something of a rallying cry for those invested in upholding gender ideology, women cannot afford to feign surprise when it actually happens.


Radical feminists have warned against the violent rhetoric attached to the term TERF for years, and been dismissed as bigots for our trouble. Jokes and threats involving violence against women, often indistinguishable, are now commonplace on queer corners of the internet. Etsy stock badges that conflate trans liberation with violence against women. We have reached a bizarre point at which violence against women is circulated as a bold message of resistance by people who claim to be feminists.

Painful disagreements and challenging ideas need not result in abuse. I can’t imagine a single woman campaigning for abortion rights and access to reproductive healthcare beating up my grandmother for her opposing views. Nor could I imagine any of the campaigners who have got in touch with my grandmother beating pro-choice women, even if they do think we’re heading for an afterlife of eternal damnation. The conversations I’ve had with Nana about abortion have been hard for both of us. Realistically, we’re never going to agree. But that doesn’t mean those conversations have to be destructive.

Screenshot_20170914-220321There must be a way to talk about the tensions between gender ideology and sexual politics without abusive language or acts of violence. The subject is fraught, uncomfortable, and certainly not abstract for anyone involved with gender discourse – which is all the more reason to bring empathy to the table. Dehumanising women to the point where we are considered legitimate targets of violence only upholds the values set by patriarchy. We do not approach the subject of gender from a position of power – gender has been used, for hundreds upon hundreds of years, to oppress women. That gender is fundamental to the oppression of women is too often overlooked in gender discourse.

No matter what your politics, we should all recognise that beating up a 60 year old woman doesn’t liberate. It’s violence against women. If your politics justify violence against women, they are shitty and misogynistic politics. It is not complicated. There is no justification. Women are not legitimate targets of violence. Not for having different views to you. Not for listening to or engaging with ideas you disagree with. Never. Plenty of the progressive left looked the other way at “punch a TERF” rhetoric normalising violence against women, and this is what it led to: a woman being beaten.

Violence against women has no place in the politics of liberation. If you ignore this Screenshot_20170915-132601assault to keep your ally cookies on queer identity politics, you’re complicit. If you give language that normalises violence against women, you’re complicit. Violence against women has no place in any context. That is what radical feminists consistently argue. Radical feminist women are depicted as violent simply for our ideas about gender – meanwhile, those who perpetrate physical acts of violence against women are framed as our victims.

When radical feminists critique gender, we are accused of debating trans-identified people’s right to live free from violence or even accused of exterminating trans-identified people. Aside from being falsehoods, these claims serve to discredit radical feminists’ explorations of gender. Writing for Trouble and Strife, Jane Clare Jones unpicks queer misrepresentations of radical feminism:

[Gender] debate is not academic for anyone involved. For both trans and non-trans women, what is at stake is the ability to understand themselves in a way that makes their lives livable. For feminist women, the axiom ‘trans women are women,’ when understood to mean ‘womanhood is gender identity and hence, trans women are women in exactly the same way as non-trans women are women’ is experienced as an extreme erasure of the way our being-as-women is marked by a system of patriarchal violence that aims to control our sexed bodies.
This system of patriarchal violence also marks the lives of trans women, who are indubitably victims of the kinds of male violence feminists have spent years attempting to resist. To cast certain feminists as the principal threat to trans existence, it is therefore necessary for trans-ideology to sideline the patriarchal violence that affects both women and trans people, and instead, position feminists at the apex of a structure of oppression.

Reframing women’s oppression as a form of privilege has enabled the disciples of gender ideology to target women as the oppressor and feel legitimate in doing so. But this perspective fails to consider the reality of the situation: women are an oppressed class, marginalised as a result of having been born female into a patriarchal society. Women do not hold a wealth of structural power over trans-identified people, and claiming that women challenging the means of our oppression are enacting anti-trans violence is ludicrous. Radical feminists are the staunchest and most consistent critics of male violence, which is the cause of transphobic attacks.

If you’re a feminist who has ever used the term TERF to describe a radical feminist, stop and think about the violent misogyny it’s used in conjunction with. Think about how “punch a TERF” led to Maria MacLachlan being assaulted. Think about whether you want to be complicit in violence against women, or play a part in challenging that violence – I suspect it’s the latter.

And if you’re going to keep branding women TERFs, remember: you cannot beat dissent out of women. Trying to do so only recreates patriarchal values, which started the pattern of using violence to render women compliant. It isn’t decent human behaviour, never mind feminist. Women are resilient – we have to be, to make it through life under patriarchy. And we will not fall silent.


 

Bibliography

Marilyn Frye. (1983). The Politics of Reality: Essays in Feminist Theory.

Audre Lorde. (1983). The Master’s Toois Will Never Dismantle the Master’s House.

Binary or Spectrum, Gender is a Hierarchy

A brief foreword: this is the fifth essay in my series on sex, gender, and sexuality. Parts 1, 2, 3, and 4 are available here on Sister Outrider. With this essay, I challenge the notion that gender can be repurposed as anything other than a hierarchy. This one is dedicated to E, a stellar lesbian and feminist.


 

“It is impossible to name and act against oppression if there are no nameable oppressors.” – Mary Daly

What is Gender?

Gender is a fiction created by patriarchy, a hierarchy imposed by men to ensure their dominance over women. The idea of a gender binary was established in order to justify the subordination of women by positioning our oppression by men as a natural state of affairs, the result of how characteristics innately held by men and women manifest. Framing gender as natural not only serves to depoliticise the hierarchy, but uses essentialism in order to convince women that radical resistance to gender – the means of our oppression – is futile. Hopelessness breeds apathy, which undermines social change more effectively than any overt challenge. If abolishing gender (and therefore dismantling patriarchy) is an unobtainable goal, women have no choice but to accept our status as second-class citizens of the world. To treat gender as inherent is to accept a patriarchal blueprint for the design of society.

gender imageGender is a hierarchy that enables men to be dominant and conditions women into subservience. As gender is a fundamental element of white supremacist capitalist patriarchy (hooks, 1984) it is particularly disconcerting to see elements of queer discourse argue that gender is not only innately held but sacrosanct. Far from being a radical alternative to the status quo, the project of “queering” gender only serves to replicate the standards set by patriarchy through its essentialism. A queer understanding of gender does not challenge patriarchy in any meaningful way – rather than encouraging people to resist the standards set by patriarchy, it offers them a way to embrace it. Queer politics have not challenged traditional gender roles so much as breathed fresh life into them – therein lies the danger.

To argue that gender could or should be “queered” is to lose sight of how gender functions as a system of oppression. Hierarchies cannot, by definition, be assimilated into the politics of liberation. Structural power imbalances cannot be subverted out of existence – reducing gender to a matter of performativity or personal identification denies its practical function as a hierarchy. Any ideology which flagrantly disregards gender as the method of women’s oppression cannot be described as feminist – indeed, as queer ideology remains largely uncritical of the power disparity behind sexual politics, it is anti-woman.

The logic of gender identity is fundamentally flawed, resting on the premise that gender is innately held. As feminists have argued for decades, gender is socially constructed – a fabrication designed to grant men dominion over women. The upbringing of children, 1600-Genderbread-Persongendered even before birth, serves to divide the sexes into a dominant and subservient class. Feminism recognises that biological sex exists while opposing essentialism, opposing the idea that sex dictate who or what we are capable of being as humans. Feminism asserts that our character, qualities, and personality are not defined by whether we are male or female. Conversely, queer theory argues that one set of traits is inherently masculine and another set of traits is inherently feminine, and our identity is dependent on how we align with those traits.

 

Instead of acknowledging that there are multitudes of ways to be a man or a woman, queer theory pigeonholes people into an ever-increasing range of categories organised by stereotype. There is no scientific evidence to support the existence of gendered brains, and claims of inherently gendered brains are the product of neurosexism (Fine, 2010). Yet queer ideology positions gender as an innately held identity, claiming that gender “is what you feel.”

“The manacles of a lifetime of cultural conditioning that has tried to convince me that gender is a biological fact rather than a social construct are more difficult to shake off than I would like.” – Louise O’Neill, I Call Myself A Feminist: The View from Twenty-Five Women Under Thirty

The Trouble with Gender Identity

Despite its essentialism, the queer understanding of gender has grown increasingly mainstream within progressive and feminist spaces. It is not difficult to understand why. Gender ideology acknowledges that a binary of male and female gender roles are restrictive for individuals, but instead of advocating the extensive work required to dismantle the hierarchy of gender, it offers a far easier solution: an individual opt-out clause that enables people to make peace with patriarchy. To embrace gender ideology is to embrace a narrative of exceptionalism. To embrace gender ideology is to accept that there is a class of people naturally suited to their position within the hierarchy of gender (be it oppressed or oppressor), and a class of people who are exceptions to the traditional rules of gender.

There is a fundamental problem with queer gender ideology. As I have previously written, that problem is misogyny. To claim certain groups are naturally suited to the gender role imposed upon their sex category – “cis” people – is to endorse misogyny. The women categorised as cis, by the logic of gender identity, are inherently suited to being oppressed by men. The whole system of patriarchy is therefore whitewashed by gender ideology, presented as a natural occurrence as opposed to a system of oppression built to grant men dominion over women.

As queer identity politics are built around a narrative of exceptionalism, the power dynamics of sexual politics to be ignored altogether. Through the linguistic twist of “cis”, women’s oppression is reframed as a privilege and therefore the liberation of “cis” women from patriarchal oppression ceases to be a priority. Sexual politics are negated by self-identification, through which membership of a sex class is rendered politically invisible.

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“So many genders and yet we still know, magically, which half of the human race is expected to wipe arses and scrub floors.” – Victoria Smith, @glosswitch

 

Gender is a prison, and I have compassion for everyone constricted by it. It is abhorrent that men are discouraged from empathy, kindness, and creative self-expression.  There is real cruelty in socialising boys into masculinity. That being said, there is a connection between gender ideology and the laundering of male privilege that demands scrutiny.

This issue is exemplified by the case of Ben Hopkins, one half of the punk duo PWR BTTM. Hopkins is biologically male and, as such, was socialised into masculinity. Like a great many famous persons who are biologically male, Hopkins exploited his fame and power to sexually abuse female fans. According to one of his victims, Hopkins is a “known sexual predator who has perpetrated multiple assaults, bullied other people in the queer community, and has made unwanted advances towards underage minors.” What allegedly sets Hopkins apart from a longstanding tradition of powerful male abusers is that he identifies as genderqueer. As such, queer perspective would have it that Hopkins’ actions cannot be considered male violence against women. Queer exceptionalism as it manifests through the logic of gender identity makes it impossible to name or challenge male violence as such.

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Statement from Survivor

Men are taught from birth that they are entitled to women’s time, women’s attention, women’s love, women’s energy, and women’s bodies. Yet, in accordance with the logic of gender ideology, unfortunate yet random as opposed to a likely consequence of the gendered socialisation men receive in patriarchal society. Despite identifying as genderqueer, the sexual violence Hopkins enacted against women with dramatically less social power than him follows perfectly the logic of masculinity. In what sense can a man who carries out the most toxic behaviour rooted in masculinity claim to be queering or resisting gender?

As his actions make clear, Hopkins has not consciously unlearned male socialisation or entitlement to women’s bodies. How Hopkins chooses to identify has little bearing upon the grim reality of the situation. Yet in claiming the label of genderqueer, Hopkins attempted to erase the male privilege from which he continued to benefit. Writing for Feminist Current, Jen Izaakson clearly articulates the paradox of Hopkins claiming to queer gender:

“…Hopkins used glitter, eyeliner, and vintage dresses to demonstrate an understanding of and adherence to queer ideals, to illustrate a rejection of “toxic masculinity” and the gender norms socially ascribed to males. But wearing flowery dresses and lip gloss does not necessarily lead to an actual rejection of the male entitlement and male dominance of men under patriarchy. By centering self-defined identities, individual expression, and performativity, instead of scrutinizing male violence and unequal systems of power, queer discourse has allowed misogyny easy access to the party.”

Similarly, trans activist Cherno Biko (born male) openly confessed to raping a transman (born female) with the fantasy and intention of impregnating them against their will.  Despite having publicly acknowledged committing sexual abuse, Biko was invited to speak on stage at the Women’s March in Washington and served as Co-Chair of the Young Women’s Advisory Council for New York City. This raises questions not only about the apparent lack of accountability for sexual abuse within feminist spaces, but also the extent to which progressive political movements are prepared to overlook instances of violence against women if the perpetrator identifies as transgender or genderqueer.

Acts of violence against women are both cause and consequence of patriarchy, and they are normalised by the logic of gender. Gender ideology disregards the power disparity of sexual politics – a hierarchy instituted through gender itself – and instead considers gender purely as a matter of self-identification. The queer perspective deliberately individualises the issue of identity in order to depoliticise gender, thereby avoiding difficult questions about power and patriarchy.

We are told that gender is a deeply personal matter and therefore, as all good liberals know, not to be scrutinised. Yet research demonstrates that transwomen retained a male pattern regarding criminality following sex reassignment surgery, and that the same was true regarding violent crime.” Given that one in three women will experience male violence in her lifetime, this is no small matter: 96% of people who commit acts of sexual violence are biologically male. The safety of women and girls is never an acceptable price to pay, not even in the name of inclusion. Masculine socialisation plays a demonstrable role in shaping attitude and behaviour – if women cannot name the violence we experience or identify the system that makes it possible, we cannot challenge it.

“When Simone de Beauvoir wrote that a girl is not born a woman but rather becomes one, she did not mean that an individual born into the male sex, socialised into the expectation of the masculine gender, can simply decide to take hormones and maybe have surgery and ‘become a woman’.”Dame Jenni Murray

Through the lens of gender identity, the oppressor may shed his male privilege and claim the status of oppressed. Through the lens of gender identity, the oppressed may also reject the grounds of their oppression by means of self-identification. Gender ideology aims to repurpose a hierarchy as an identity. Unfortunately, one cannot simply opt out of an oppression that is structural and systematic in nature – although queer discourse presents this as a legitimate route to women. Man is the default standard of humanity, with woman relegated to “Other” – defined purely in relation to men (Beauvoir, 1949). Is it no wonder that a growing number of women, dissatisfied by the limitations imposed by the feminine gender role and conscious that self-actualised human beings are more than the hollow stereotype of femininity, cease to identify as women.

Instead of identifying the feminine gender role as the problem, and working to dismantle the hierarchy of gender, women are encouraged to stop identifying as such if they behave or feel as human beings do. Instead of giving women the tools to unlearn internalised misogyny, gender ideology encourages them to disown womanhood and claim to be individual exceptions to the rule of gender. Through positioning full humanity and womanhood as being mutually exclusive, gender ideology invites women to participate in I’m-Not-Like-Other-Girls: Queer Edition.

It is understandable that women are eager to escape the feminine gender role – indeed, women’s liberation from the hierarchy of gender is a core feminist objective. But the feminist movement advocates the liberation of all women from all forms of oppression, not simply the liberation of those who believe their individual oppression through gender is wrong – those who “don’t aspire to any kind of womanhood.”

The Homophobia of Queering Gender

gay liberationDespite talk of queer community, an alliance between members of the LGBT+ alphabet soup, homophobia has always been at the root of queer politics. Queer ideology emerged as backlash to lesbian feminist principles, which advocated radical social change through the transformation of personal lives (Jeffreys, 2003). The political interests of lesbian women and marginalised gay men – primarily the abolition of gender roles – were dismissed within queer spheres. Individualism precluding any concentrated focus on feminist and gay liberation politics, which queer discourse began to describe as old-fashioned, dull, or anti-sex.

In recent years, this derision has escalated into openly anti-gay sentiment. Attempts to erase lesbian women and gay men are now standard practice within a queer setting. In an opinion piece that questions whether lesbian identity can “survive the gender revolution”, Shannon Keating claims that lesbian and gay sexualities are obsolete:

“Against the increasingly colorful backdrop of gender diversity, a binary label like ‘gay’ or ‘lesbian’ starts to feel somewhat stale and stodgy. When there are so many genders out there, is it closed-minded — or worse, harmful and exclusionary — if you identify with a label that implies you’re only attracted to one?”

There is a persistent strain of homophobia within gender ideology. It manifests so regularly because that homophobia is woven into queer gender politics. Same-sex attraction is relentlessly problematised because it acknowledges both the existence of biological sex and its significance in determining the potential for attraction – a contradiction of the claim that gender, not sex, is the defining unit of identity.

Earlier this year Juno Dawson, author of The Gender Games, claimed that being a gay man was merely a “consolation prize” for those unprepared to opt into a life of transwomanhood. Prior to transition, Dawson lived and loved as a gay man – therefore, it is particularly troubling that Dawson proclaimed homosexuality to be anything less than worthy of respect and recognition as legitimate. Dawson positioned life as a gay man as an inferior alternative, a poor substitute, for repressed transwomanhood. When gay men and lesbian women objected to this homophobia, Dawson delivered a non-apology which hit upon a fundamental truth about the politics of gender identity and sexuality: “Lots of trans men and women previously lived as gay men or lesbians prior to transition so I think it’s a really important thing to discuss…”

It is wildly regressive to argue that gay men are really unfulfilled women on the inside. By that logic, only the most straight and toxic of masculinities is authentically male. And if gay men are really straight transwomen, there is no such thing as gay men. Homosexuality has been ‘cured’ – an agenda that traditionally belonged to social conservatives, but can now be found within queer ideology. And it is not coincidence that so many of those who choose to undergo surgical or medical transition are gay men or lesbian women who, upon undertaking transition, live as heterosexuals. In Iran, where same-sex relationships are punishable by death, clerics are prepared to “accept the idea that a person may be trapped in a body of the wrong sex.”

Gender ideology is fundamentally conservative. It is based on the premise that gender roles are absolute, that those who stray from the gender role ascribed to their sex must belong to another category. Lesbian women and gay men defy the gender roles simply by loving someone of the same sex, by deviating from the heteropatriarchal patterns of dominance to create a sexual politics of equality. If we are transitioned into heterosexuality, into compliance with gender roles, we are made to conform to the gender roles mapped out by patriarchy.

Nobody is born in the wrong body. A body cannot, by definition, be wrong. The system of gender, on the other hand, is wrong in every way. Problematising bodies as opposed to the hierarchy which confines them only replicates the destructive ideology at the heart of patriarchy. It is an upside-down approach to the politics of liberation, misguided at best and complicit with patriarchy at worst.

Conclusion

Critiquing gender ideology is strongly discouraged – I suspect this is because the more one explores the queer perspective of gender, the more apparent its misogyny and homophobia become. Once the progressive veneer begins to crack – once it grows clear that gender ideology is at best complacent about patriarchy and the harms patriarchy visits upon women – queer politics become much harder to sell to the general populace.

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And so those feminists who do question gender ideology are branded bigots, the criticisms and those women brave enough to make them rendered illegitimate. Women who question gender ideology are derided as TERFs – we are told time and time again that their only motive in critiquing gender is malice, as opposed to meaningful concern for the well-being of women and girls. To that, I echo the words of Mary Shelley: “Beware; for I am fearless, and therefore powerful.” Any attempt to discourage women from addressing our oppression is deeply suspect.

Gender ideology creates a false dichotomy of people who are innately bound to traditional gender roles and those exceptional few who are not. Gender politics are the most elaborate and harmful example of using the master’s tools to dismantle the master’s house. Why queer gender when we can abolish it? Why waste energy trying to subvert oppressive practice when we can do away with it altogether?

Woman is a sex class – nothing more, nothing less. Man is a sex class – nothing more, nothing less. To claim the scope of our identity is defined by the gender role pressed onto our sex class is to legitimise the project of patriarchy. As a feminist, as a woman, I reject queer politics and the gender ideology it advocates. Instead, I argue that women and men living outside of the script set by gender – be it the queer or patriarchal classifications – should be embraced as revolutionaries. Only through the abolition of gender can we achieve true liberation.


Bibliography

Simone de Beauvoir. (1949). The Second Sex.

Cordelia Fine. (2010). Delusions of Gender: How Our Minds, Society, and Neurosexism Create Difference.

Lynne Harne & Elaine Miller (eds.). (1996). All the Rage: Reasserting Radical Lesbian Feminism.

bell hooks. (1984). Feminist Theory: From Margin to Center.

Sheila Jeffreys. (2003). Unpacking Queer Politics.

Audre Lorde. (1984). Sister Outsider: Essays and Speeches.

Cherríe Moraga & Gloria E. Anzaldúa (eds.). (1981). This Bridge Called My Back: Writings by Radical Women of Color.

Bonnie J. Morris. (2016). The Disappearing L: Erasure of Lesbian Spaces and Culture.

Victoria Pepe (ed.). (2015). I Call Myself A Feminist: The View from Twenty-Five Women Under Thirty.

Rebecca Reilly-Cooper. More Radical with Age.

 

 

Seu silêncio não te protegerá: o racismo no movimento feminista

Your Silence Will Not Protect You: Racism in the Feminist Movement is now available in Portuguese! Thanks to QG Feminista for the translation.


Este é o primeiro de uma série de postagens de blog sobre raça e racismo no movimento feminista. Não é algo agradável. Igualmente, não é uma reprimenda. É feita para despertar — algo que espero que seja respondido.


Prefácio

A solidariedade entre as mulheres é vital para a libertação. Para que o movimento feminista seja bem-sucedido, os princípios feministas devem ser aplicados tanto na ação quanto nas palavras. Embora a interseccionalidade seja usada como uma palavra-chave no ativismo contemporâneo, de muitas formas nos desviamos do propósito proposto por Crenshaw: trazer as vozes marginalizadas da periferia para o centro do movimento feminista, destacando a coexistência das opressões. Mulheres brancas com políticas liberais rotineiramente se descrevem como feministas interseccionais antes de falar em cima e desconsiderar aquelas mulheres que negociam com identidades marginalizadas de raça, classe e sexualidade em acréscimo ao sexo. A interseccionalidade como sinalização de virtude é diametralmente oposta à práxis interseccional. A teoria não surgiu para ajudar as mulheres brancas na busca de biscoitos — foi desenvolvida predominantemente por feministas negras com o objetivo de dar voz às mulheres não-brancas.

As feministas brancas de todas as vertentes estão caindo no cruzamento da raça. As feministas liberais frequentemente não consideram o racismo em termos de poder estrutural. As feministas radicais muitas vezes não estão dispostas a aplicar os mesmos princípios de análise estrutural à opressão enraizada na raça como no sexo.

Mulheres brancas que são autoproclamadas feministas tem o hábito de esperar que mulheres não-brancas escolham entre suas identidades de raça e sexo, priorizar a misoginia desafiadora em relação ao racismo opositor, em nome da irmandade. Textos de feministas negras clássico datando do início de 1970 em diante detalha esse fenômeno e fala que muito pouco sobre a dinâmica inter-racial entre as mulheres mudou desde sua publicação. O que mulheres brancas costumam falhar em considerar é que, para mulheres não-brancas, raça e sexo são intrinsecamente conectados em como nós experimentamos o mundo, como nós estamos situadas dentro das estruturas de poder. Ademais, a discussão sobre raça costuma ser tratada como um descarrilhamento das Reais Questões Feministas (isto é, aquelas relacionadas diretamente a mulheres brancas), a implicação de que mulheres não-brancas são, no máximo, um subgrupo dentro do movimento.

Independentemente de como sua política feminista se manifesta, a questão da raça é aquela que não é tão facilmente respondida, ou até mesmo reconhecida por muitas mulheres brancas. Através da teoria e do ativismo feminista, as mulheres desenvolvem uma compreensão estrutural da hierarquia patriarcal e onde estamos posicionados dentro desse sistema. Técnicas como conscientização e organização coletiva permitiram que as mulheres ligassem o pessoal com o político — e é profundamente pessoal. No feminismo, as mulheres se tornam plenamente conscientes de como somos marginalizadas pelo patriarcado. As mulheres brancas consideram que pertencem à classe oprimida em termos de sexo. Sendo conscientes das implicações realizadas por pertencer à classe dominante, as mulheres brancas são, portanto, desconcertadas pela noção de ser o partido opressor na hierarquia da raça (hooks, 2000). Isso nos leva à nossa primeira falácia:

“Fazer [o movimento feminista] sobre raça, divide as mulheres.”

Uma e outra vez, esta linha é usada por mulheres brancas para circumnavigar qualquer discussão significativa da raça, para evitar a possibilidade desconfortável de ter que enfrentar o espectro de seu próprio racismo. Este argumento sugere que o esforço das feministas se concentraria melhor em desafiar a opressão baseada no sexo, excluindo todas as outras manifestações de preconceito. Ao adotar uma aproximação tão estreita ao ativismo, tais mulheres impedem a possibilidade de abordar a raiz da misoginia: patriarcado capitalista da supremacia branca (hooks, 1984). O único foco na misoginia é, em última instância, ineficaz. A análise estrutural seletiva só nos levará até certo ponto. O racismo e o classismo, como a misoginia, são pilares do patriarcado capitalista da supremacia branca, defendendo e perpetuando estruturas de poder dominantes. O patriarcado não pode ser desmantelado enquanto os outros vetores na matriz de dominação (Hill Collins) permanecem no lugar. Essa política e ativismo do laissez-faire carece de profundidade, rigor e de consistência ética necessário para impulsionar uma mudança cultural para a libertação. Também implora a pergunta: Que tipo de feminismo se vê indiferente quando a injustiça prospera?

Não, falar sobre raça não divide mulheres. É o racismo que faz isso — especificamente, o racismo que as mulheres brancas dirigem para as mulheres não-brancas, o racismo que as mulheres brancas observam e não conseguem desafiar porque, em última análise, elas se beneficiam disso. Seja intencional ou casualmente entregue, esse racismo tem o mesmo resultado: mina completamente a possibilidade de solidariedade entre mulheres não-brancas e mulheres brancas. A falta de vontade das mulheres brancas para explorar o sujeito de raça, reconhecer as formas em que eles se beneficiam da supremacia branca, impossibilita a confiança mútua.

“Mas as mulheres brancas não se beneficiam da supremacia branca”.

Argumentar que a misoginia é o agente principal na opressão de todas as mulheres é assumir que a categoria de “mulher” se sobrepõe inteiramente a “classe branca” e “classe média”, o que claramente não é o caso. A hierarquia da raça tem tanto impacto nas experiências vividas das mulheres não-brancas como a hierarquia do gênero. Quando cerca de 70% de pessoas britânicas que estão em empregos que pagam salário mínimo nacional são mulheres, é evidente que a classe desempenha um papel fundamental na vida das mulheres da classe trabalhadora.

Muitas vezes, as mulheres brancas queixam-se de esquerdomachos — a tendência dos homens de Esquerda de permanecer misteriosamente incapaz de perceber como a hierarquia da classe social é refletida pelo gênero. Esta é uma crítica válida, uma crítica necessária. É também uma crítica inteiramente aplicável às mulheres brancas autoproclamadas feministas que não querem se envolver com políticas antirracistas. Mesmo que experimentem o classismo e/ou a lesbofobia, as mulheres brancas continuam a beneficiar de sua branquitude.

De acordo com a Fawcett Society, a diferença de remuneração de gênero para empregados em tempo integral fica em 13.9%. As pessoas do BAME (Negros e Minorias Étnicas) com GCSEs são pagas 11% menos do que os nossos pares brancos, um déficit que eleva-se para 23% entre graduados. Além disso, os formandos do BAME têm mais de duas vezes mais probabilidades de estar desempregados do que os graduados brancos. As mulheres não-brancas enfrentam um duplo risco, nosso trabalho é subestimado tanto por motivos de raça quanto de sexo. Zora Neale Hurston descreveu as mulheres negras como “mule uh de world”, uma observação que se mostra quando aplicado à diferença salarial. As mulheres do BAME também são mais propensas a serem perguntadas sobre nossos planos relacionados ao casamento e à gravidez por potenciais empregadores do que mulheres brancas. As mulheres brancas são objetificadas pelos homens, resultado da misoginia. As mulheres não-brancas são objetificadas, são vistas e tratadas como intrinsecamente diferentes e estranhas, fetichizadas e tratadas como selvagens hipersexuais pelos homens, resultado da misoginia e do racismo. BAME e mulheres migrantes também “experimentam uma taxa desproporcional de homicídio doméstico”.

Mesmo que você não esteja preparado para ouvir o que as mulheres não-brancas têm a dizer sobre racismo, os fatos e os números sustentam esse fato.

“As mulheres são mais fortes quando todas estamos juntas”.

Sim. A irmandade é uma poderosa força de sustentação. Mas esperar que as mulheres não-brancas permaneçam em silêncio sobre o assunto de raça por causa do conforto branco não é irmandade — pelo contrário. A irmandade não pode existir desde que as mulheres brancas continuem a ignorar a hierarquia da raça, enquanto simultaneamente esperam que as mulheres não-brancas dediquem nossas energias unicamente para ajudá-las a ganhar igualdade aos homens brancos. Este paradigma é explorador, uma manifestação tóxica do direito branco dentro do movimento feminista.

Para que a irmandade exista entre mulheres não-brancas e mulheres brancas, devemos ter uma conversa sincera sobre raça dentro do movimento feminista. O privilégio branco deve ser reconhecido e oposto pelas mulheres brancas. A branquitude deve deixar de ser tratada como o padrão normativo da feminilidade dentro da política feminista. A mesma lógica que é aplicada para criticar a misoginia deve ser aplicada a desaprender o racismo. As questões enfrentadas pelas mulheres não-brancas devem ser consideradas uma prioridade e não uma distração a ser tratada após a revolução. As mulheres não-brancas devem deixar de ser tratadas como algo que você faz simplesmente por ser algo que você é obrigado a fazer e, em vez disso, reconhecidas pelo que somos, o que sempre fomos: essenciais para o movimento feminista.

Tudo isso é imperativo para alcançar uma verdadeira solidariedade — e isso é possível. No que diz respeito às coisas, cabe às mulheres brancas chegar e reparar qualquer fenda que ocorra com base em raça. Em última análise, isso nos aproximará da libertação.


Bibliografia

Davis, Angela. (1981). Women, Race & Class. (Disponível em português)
Grewal, Shabnam, ed. (1988). Charting the Journey: Writings by Black and Third World Women.
Hill Collins, Patricia. (2000). Black Feminist Thought.
hooks, bell. (1984). Feminist Theory: From Margin to Center.
hooks, bell. (2000). Feminism is for Everybody.
Lorde, Audre. (1984). Sister Outsider.
Wallace, Michele. (1978). Black Macho and the Myth of Superwoman.


Translation originally posted here.

Original text initially posted here.

A Questão do Desaparecimento – Uma Reflexão Sobre o Apagamento da Lesbianidade

The Vanishing Point: A Reflection Upon Lesbian Erasure is now available in Portuguese! Thanks to Ação Antisexista for the translation.


Estes são tempos estranhos para ser uma jovem mulher lésbica. Ou melhor, jovial. No tempo que me levou para evoluir de uma inexperiente sapatão caçula em uma completa e formada lésbica, a tensão entre as políticas de identidade do queer e a libertação das mulheres se tornou realmente insuportável. O facebook adicionou reações da bandeira do orgulho gay no mesmo mês que eles começaram a banir mulheres lésbicas por nos descrevermos como butch (algo como sapatão ou caminhão em português). Enquanto a legislação de casamento e o direito de adoção para casais do mesmo sexo se tornam cada vez mais parte da sociedade dominante, o direito de mulheres lésbicas de se auto definirem e declararem seus limites sexuais é comprometido dentro da comunidade LGBT+. Tais contradições são características desta era, mas isso não torna elas mais fáceis de suportar dia após dia.

Amor é amor, a não ser que aconteça de você ser uma mulher lésbica – neste caso sua love is lovesexualidade será incansavelmente desconstruída sob suspeita de você estar sendo excludente. Como já escrevi anteriormente, cada sexualidade é por definição excludente. Sexualidade é um conjunto de parâmetros que governa as características que potencialmente nos atraem nas outras pessoas. Para lésbicas, é a presença das características sexuais primárias e secundárias das mulheres que geram (mas não garantem) a possibilidade de atração. O sexo, e não o gênero (nem mesmo a identidade de gênero), é o fator chave. Mas no ponto de vista queer, assim como no da sociedade patriarcal dominante), lésbica é uma designação contestável.

Mulheres lésbicas são encorajadas a se descreverem como queer, um termo tão abrangente e vago que parece ser desprovido de significado específico, pelos motivos de que ninguém que possuí um pênis é tido como inteiramente fora dos nossos limites sexuais. Jocelyn MacDonald coloca muito bem:

“Lésbicas são mulheres, e mulheres são ensinadas que devemos estar disponíveis sexualmente como objetos de consumo público. Então nós despendemos muito tempo dizendo “Não”. Não, nós não vamos transar ou nos relacionar com homens; não, nós não vamos mudar de ideia quanto a isso; não, este corpo não é território masculino. Lésbicas, hetero ou bissexuais, nós mulheres somos punidas sempre que tentamos demarcar limites. O queer sendo um termo genérico torna realmente difícil para lésbicas assegurarem e manterem estes limites, porque se torna impossível nomear estes limites.”

Em tempos em que o reconhecimento do sexo biológico é tratado como um ato de intolerância, a homossexualidade é automaticamente problematizada – as consequências não previstas das políticas identitárias de gênero são enormes e de largo alcance. Ou ainda, seria mais correto dizer, que a sexualidade lésbica virou um problema: a ideia de que nós mulheres direcionemos nossos desejos e energias de uma para outra continua suspeita. De alguma forma, o padrão de homens centrarem homens nas vidas deles nunca recebe o mesmo backlash (reação negativa, resposta em forma de ataque). As lésbicas são uma ameaça ao status quo, seja no heteropatriarcado ou na cultura queer. Quando nós lésbicas rejeitamos a ideia de nos relacionarmos com alguém com pênis, nós somos taxadas de “fetichistas de vaginas” e ginefílicas – Levando em conta que a sexualidade de lésbicas é rotineiramente patologizada no discurso queer, assim como a sexualidade lésbica é patologizada pelo conservadorismo social, não é surpresa para mim que tantas mulheres jovens sucumbam a pressão social e abandonem o termo lésbica em favor do termo queer. O auto apagamento é o preço da aceitação.

“Não é nenhum segredo que o medo e o ódio a homossexuais permeiam nossa sociedade. Mas o desprezo por lésbicas é distinto. É diretamente arraigado no repúdio à autodefinição da mulher, à autodeterminação da mulher, às mulheres que não são controladas pela necessidade, pelo comando ou pela manipulação masculina. O desprezo por lésbicas é mais comumente um repúdio político às mulheres que se organizam em seu próprio benefício em busca de estarem presentes no espaço público, de que sua força seja validada, que sua integridade seja visibilizada.

Os inimigos das mulheres, aqueles que estão determinados a nos negar a liberdade e a dignidade, usam a palavra lésbica para provocar o ódio às mulheres que não se conformam. Este ódio ecoa em toda parte. Este ódio é sustentado e expressado por praticamente todas as instituições. Quando o poder masculino é desafiado, este ódio se intensifica e se inflama de forma a ser volátil, palpável. A ameaça é de que esse ódio pode explodir em violência. A ameaça é onipresente porque a violência contra a mulher é culturalmente aplaudida. E assim a palavra lésbica, gritada ou sussurrada em tom de acusação, é usada para direcionar a hostilidade dos homens contra as mulheres que ousam se rebelar, e é também usada para assustar e intimidar as mulheres que ainda não se rebelaram.” – Andrea Dworkin

A política de identidade queer tende a pensar que mulheres nascidas mulheres se interessarem exclusivamente por outras mulheres é um sinal de intolerância. Não vamos desperdiçar parágrafos com equívocos. Este mundo já tem silenciamentos acerca de gênero mais do que o suficiente, e é invariavelmente as mulheres que pagam o maior preço por estes silenciamentos – neste caso, mulheres que amam outras mulheres. Então eu digo o seguinte: lésbicas negarem categoricamente a possibilidade de se relacionarem com alguém com pênis é tido como transfóbico pela política queer porque não inclui mulheres trans na esfera dos desejos de lésbicas. A lesbofobia inerente na redução da sexualidade lésbica à fonte de validação, obviamente recebe passe livre.

Ainda assim, a sexualidade lésbica não necessariamente exclui pessoas que se identificam como trans. A sexualidade lésbica pode se estender a pessoas que nasceram mulheres que se identificam como não binárias ou queergênero. A sexualidade lésbica pode se estender a pessoas que nasceram mulheres que se identificam como homens trans. Comparando a alta proporção de que homens trans auto identificados viviam como lésbicas butch antes de transicionarem, não é incomum que homens trans façam parte de relacionamentos lésbicos.

Aonde está o limite entre uma lésbica butch e um homem trans? Durante suas reflexões sobre a vida das lésbicas, Roey Thorpe considera que “…invariavelmente alguém pergunta: Aonde todas as butches foram parar? A resposta curta é masculinidade trans (e a resposta longa requer um artigo próprio). Em qual parte dentro do espectro de identidade termina o butch e o trans começa?

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O limite é amorfo, embora de forma imaginativa Maggie Nelson tenta traçar em The Argonauts. O parceiro dela, o artista Harry Dodge, é descrito por Nelson como um “butch charmoso em T.” segundo Nelson “qualquer semelhança que eu observe nos meus relacionamentos com mulheres não é a semelhança como Mulher, e certamente não é a semelhança das partes envolvidas. Ao invés disso é a esmagadora compreensão compartilhada do que significa viver no patriarcado.” Dodge é gênero fluido e de aparência masculina. A testosterona e a cirurgia de remoção dos seios não removem a compreensão do seu local neste mundo como mulher. Estas verdades coexistem.

A ideia de que lésbicas são transfóbicas porque os limites da nossa sexualidade não se estendem em acomodar o pênis é uma falácia falocêntrica. E a pressão nas lésbicas para redefinirem esses limites é francamente assustadora – se baseia numa atitude do direito de propriedade sobre os corpos das mulheres, uma atitude que é parte do patriarcado e agora tem sido reproduzida na esfera queer. As mulheres lésbicas não existem para que sejam objetos sexuais ou fontes de validação, mas como seres humanos autodefinidos com desejos e limites próprios.

Conversar sobre a política queer com amigos homens gays da mesma idade que eu é algo revelador. Eu sou lembrada de duas coisas: para os homens, ‘não’ é uma palavra aceita como assunto encerrado. Com mulheres, o não é tratado como uma abertura à negociação. A maioria dos homens gays fica horrorizada ou então surpresa com a noção de que os parâmetros de suas sexualidades possam ou devam mudar de acordo com as imposições da política queer. Alguns (os mais sortudos – a ignorância é uma benção) não estão familiarizados com a fantasiosa teoria queer. Outros (os recentemente inciados) estão, como era de se esperar, resistentes a problematização da homossexualidade do ponto de vista queer. Teve um que chegou a sugerir que gays, lésbicas e bissexuais rompessem com a sopa de letrinhas do alfabeto da política queer e se auto organizassem especificamente em torno das suas sexualidades – dado que as lésbicas estão sendo sujeitas a caça às bruxas TERF (feministas radicais trans excludentes em português) por terem feito a mesma sugestão, foi ao mesmo tempo encorajador e lamentável ouvir de um homem que está fora do feminismo radical dizer a mesma coisa sem medo de ser censurado.

Fico feliz em dizer que nenhum dos homens gays que eu chamo de amigos optaram pelo que pode ser descrito como a lógica de Owen Jones: rejeitar as preocupações das mulheres lésbicas e as tratar como atos de intolerância, numa tentativa de conseguir biscoitos-de-arco-íris da aprovação como aliado trans. A onda de homens de esquerda em lucrarem com a misoginia para consolidar sua reputação é um conto tão antigo quanto o patriarcado. Não é uma grande surpresa que isso aconteça dentro da comunidade queer, já que a cultura queer é dominada por homens.

A comunidade queer definitivamente pode afastar as mulheres lésbicas. Embora eu tenha participado de espaços queer quando eu estava me assumindo, acabei me retirando cada vez mais daquele contexto com o tempo. Eu não sou de forma alguma a única – muitas mulheres lésbicas da minha faixa etária se sentem excluídas e deslocadas nos ambientes queer, lugares que nos dizem que deveríamos pertencer. Não são apenas lésbicas mais velhas que são resistentes a política queer, apesar de que deus sabe o quanto elas nos avisaram sobre a misoginia nela. Meu único arrependimento é não ter ouvido antes – que eu tenha perdido meu tempo e energia tentando conciliar divergências ideológicas entre o queer e o feminismo radical.

O discurso queer se utiliza de uma abordagem coerciva para forçar lésbicas a se conformarem – ou nós acatamos o queer e pertencemos ao grupo, ou nós seremos apenas figuras irrelevantes que estão “por fora” como “as velhas lésbicas chatas”. Esta abordagem, na misógina discriminação pela idade, foi equivocada: eu não consigo imaginar nada que eu quisesse ser mais do que uma lésbica mais velha, e é maravilhoso saber que este é o meu futuro. A influência que tem em mim a profundidade do pensamento das mulheres mais velhas, a forma como elas me desafiam e me guiam no processo de consciência feminista, tem um papel central em formarem tanto a minha noção sobre o mundo como compreender meu lugar nele. Se eu for realmente sortuda, um dia eu terei aquelas conversas elevadas (e as vezes, intelectualmente extenuantes) com as futuras gerações de jovens lésbicas.

Embora eu aprecie o apoio e a sororidade das lésbicas mais velhas (de longe meus seres humanos favoritos), em certos aspectos eu também as invejo pela relativa simplicidade da existência lésbica nos anos 70 e 80. A razão para esta inveja: elas viveram vidas lésbicas num tempo anterior a política queer se tornar dominante. Eu não estou dizendo isso desconsiderando ou implicando que o passado foi uma utopia para os direitos de gays e lésbicas. Não foi. A(s) geração(ões) deles tiveram a cláusula 28 (“section 28”), cláusula que bania que a homossexualidade fosse considerada nas escolas como relacionamento familiar normal) e a minha tem o casamento entre pessoas do mesmo sexo. Os avanços que beneficiam minha geração são resultado direto da luta deles. Ainda assim as lésbicas podiam viver pelo menos parte de suas vidas numa época em que de todas as razões pelas quais a palavra lésbica foi encarada com desgosto, ser considerada “demasiado excludente” não era uma delas. Não houve um ímpeto, dentro de um contexto feminista ou gay, tornar a sexualidade lésbica esquisita (“queer” em inglês, a autora aqui faz um trocadilho).

Algumas coisas não mudaram muito. A sexualidade lésbica é comumente degradada. As mulheres lésbicas ainda estão nas campanhas lésbicas do “Não se preocupe, eu não sou aquele tipo de feminista.” Só que agora, quando eu checo as minhas notificações no Twitter, realmente levo um tempo para descobrir se minha lesbianidade ofendeu a “alt-right” (nova denominação da extrema direita) ou da esquerda queer. Isso faz alguma diferença? A lesbofobia tem o mesmo formato. O ódio às mulheres é o mesmo.

women's libDurante a Parada Gay, uma foto de uma mulher trans sorridente vestindo uma camiseta manchada de sangue dizendo “eu soco as TERFs” circulou nas redes sociais. A imagem tinha a seguinte legenda “isso é como a libertação gay se parece”. Aquelas de nós que vivem na intersecção entre a identidade gay e a mulheridade – lésbicas- são frequentemente taxadas de TERFs puramente pelo fato de que nossa sexualidade torna esta reivindicação dúbia. Considerando que vivemos num mundo onde uma a cada três mulheres sofre violência física ou sexual durante sua vida, eu não me surpreendo– não tem nada de revolucionário ou contracultural em fazer uma piada sobre bater em mulheres. A violência contra as mulheres foi glorificada sem pensar duas vezes, colocada como um objetivo de políticas libertárias. E nós todos sabemos que TERFs são mulheres, já que homens que definem limites são raramente sujeitos a tais ataques. Apontar a misoginia obviamente resulta numa nova enxurrada de misoginia.

Existe uma réplica preferida reservada para as feministas que criticam as políticas sexuais da identidade de gênero, uma resposta certamente associada mais com adolescentes meninos do que qualquer política de resistência: “chupe meu pau de garota”. Ou, se a maldade se junta com uma tentativa de originalidade, “engasgue com meu pau de garota”. Ouvir “engasgue com meu pau de garota” não parece nada diferente de ouvir te dizerem que engasgue num pau de qualquer tipo, mesmo assim isso se tornou já quase uma parte da rotina do discurso de gênero que se abriu no Twitter. O ato permanece o mesmo. A misoginia permanece a mesma. E isso está dizendo que neste cenário a gratificação sexual é derivada de um ato que muito literalmente silencia as mulheres.

Uma frase icônica de Shakespeare em Romeu e Julieta proclama que “uma rosa com qualquer outro nome teria um aroma igualmente doce.” Com isso em mente (por existir muito mais tragédia do que romance sobre esta situação), eu diria que independente do nome um pênis iria repelir sexualmente as lésbicas. E isso é ok. O desinteresse sexual não é a mesma coisa que a discriminação, a opressão ou a marginalização. Porém, sentir que a sexualidade é um direito que se tem sobre alguém é : ele é parte fundamental da opressão das mulheres, e se manifesta claramente na cultura do estupro. Dentro da concepção queer não há espaço dedicado para discussões sobre a misoginia que possibilita o se sentir no direito de ter acesso sexual aos corpos de mulheres. Simplesmente reconhecer que o assunto existe é considerado inaceitável, e como resultado, temos a misoginia protegida por camadas e camadas de silêncio.

Esta não é uma época radiante para se ser uma lésbica. A falta de vontade das políticas queer para simplesmente aceitar a sexualidade lésbica como válida por direito é profundamente desamparadora, ao ponto de se privilegiar o desejo de ter sexo sobre o direito de recusa ao sexo. E mesmo assim a conexão lésbica persiste, como sempre persistiu. Os relacionamentos lésbicos seguem florescendo enquanto oferecem uma alternativa radical ao heteropatriarcado – só porque não é particularmente visível agora, apenas por não ter o apelo dominante (isto é, patriarcal) que tem a cultura queer, não significa que não esteja acontecendo. As lésbicas estão em toda a parte – isso não vai mudar.

Nolite te bastardes carborundorum.


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